CGSS et CAF mobilisées sur les campus réunionnais pour couvrir les étudiants
La CGSS et la CAF investissent les campus réunionnais pour réduire le non-recours aux prestations sociales étudiantes.
Au CROUS de Saint-Denis, sous un stand baptisé “Ti Kaz Amélie”, des conseillers de la Caisse Générale de Sécurité Sociale (CGSS) de La Réunion traitent en direct les dossiers de couverture sociale d’étudiants qui, pour beaucoup, n’avaient jamais géré leur propre protection jusqu’alors. L’opération, menée conjointement avec la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), n’est pas seulement administrative : elle répond à une logique de rendement du dispositif de protection sociale.
Chaque étudiant qui n’ouvre pas ses droits à temps représente une fuite dans le système. Un coût différé pour l’assurance maladie, une perte sèche pour celui ou celle qui laisse passer une prestation à laquelle il peut légalement prétendre. C’est précisément ce non-recours que la CGSS et la CAF cherchent à réduire en investissant physiquement les campus à l’occasion de la rentrée universitaire.
Aurélie Payet, conseillère jeune à la CGSS de La Réunion, pose le problème sans détour : “L’objectif c’est d’informer sur la couverture santé. Quand on a 18 ans on ne s’en soucie pas trop. Comment je fais avec ma carte Vitale ? Est-ce que j’ai bien un compte Amélie ? Ils ont plein de questions et nous, on est là pour les informer.” Le passage au statut d’assuré social autonome, pour des jeunes qui étaient jusqu’alors ayants droit de leurs parents, implique des démarches que beaucoup ne maîtrisent pas encore, et que personne ne leur a encore expliquées.
Parmi les dispositifs mobilisables figure la complémentaire santé solidaire, comparable à la CMU, accessible sous conditions de ressources. Son activation constitue un transfert de valeur réel vers une population aux revenus structurellement limités.
Du côté de la CAF, la mécanique est similaire. Bruno Filain, responsable de l’accueil de l’antenne Ouest, précise les enjeux financiers directs : “On a des prestations dédiées aux étudiants, à savoir l’allocation logement, mais pas que. C’est bien d’être là aujourd’hui pour voir à quoi ils peuvent avoir droit.” L’allocation logement constitue une aide financière directe dont le non-recours pèse sur le budget des ménages étudiants. Sa mobilisation effective représente un levier concret sur le pouvoir d’achat d’une population dont les ressources conditionnent directement la capacité à poursuivre des études.
La fenêtre est courte. La présence de la CAF s’étend jusqu’au 28 août, celle de la CGSS jusqu’au 8 septembre. Plusieurs sites universitaires sont couverts : le vendredi 28 août 2026 au CROUS du Tampon, le mardi 1er septembre à l’Université du Moufia, le mercredi 2 septembre à l’Université de Terre-Sainte, et le mardi 8 septembre à l’Université du Tampon.
Pour les opérateurs du système, l’initiative constitue un investissement en amont destiné à limiter les coûts liés aux droits non ouverts et aux recours tardifs. Le reportage de Réunion La 1ère est accessible à l’adresse suivante : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/universite-de-la-reunion-la-cgss-a-la-rencontre-des-etudiants-dans-les-campus-pour-faciliter-leur-acces-aux-droits-1732799.html
La question qui reste ouverte est celle de l’efficacité mesurable du dispositif : combien de dossiers ouverts, quel volume de prestations effectivement mobilisées, et quel taux de non-recours subsistera à l’issue de la tournée des campus ?
Questions-réponses
Quels opérateurs sociaux sont déployés sur les campus réunionnais et jusqu'à quand?
La Caisse Générale de Sécurité Sociale (CGSS) de La Réunion et la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) sont présentes sur les campus. La CAF intervient jusqu'au 28 août et la CGSS jusqu'au 8 septembre.
Quelles prestations financières sont directement mobilisables pour les étudiants?
Deux dispositifs principaux sont accessibles: l'allocation logement, aide financière directe gérée par la CAF, et la complémentaire santé solidaire, comparable à la CMU, accessible sous conditions de ressources et gérée par la CGSS.
Quels sites universitaires sont couverts par cette opération et à quelles dates?
Quatre sites sont prévus: le CROUS du Tampon le vendredi 28 août 2026, l'Université du Moufia le mardi 1er septembre, l'Université de Terre-Sainte le mercredi 2 septembre, et l'Université du Tampon le mardi 8 septembre.
Quelle est la logique économique qui justifie cet investissement en présence physique sur les campus?
Chaque étudiant qui n'ouvre pas ses droits à temps représente une fuite dans le système: un coût différé pour l'assurance maladie et une perte sèche pour l'assuré. Réduire ce non-recours limite les coûts liés aux droits non ouverts et aux recours tardifs, ce qui justifie l'investissement opérationnel en amont.