Mauritius
Taïz encerclée : centaines de milliers de civils en péril
Politique & Gouvernance

Taïz encerclée : centaines de milliers de civils en péril

Siège renouvelé : l'accès aux ressources essentielles menace des centaines de milliers d'habitants

Taïz, troisième ville du Yémen, est désormais entièrement encerclée. Pour les centaines de milliers de civils qui y vivent, chaque jour rend la situation plus précaire : les Houthis contrôlent les principales voies d’approvisionnement, et la ville, déjà largement coupée des zones gouvernementales depuis le 6 octobre, risque de perdre tout accès aux ressources essentielles.

Selon la revue Le Grand Continent, Taïz occupe une position de pivot entre le nord-ouest du pays, contrôlé par les Houthis, et le sud, tenu par le gouvernement. Son sort conditionne directement la sécurité et les moyens de subsistance des populations des deux zones.

Ce siège n’est pas le premier. Le groupe houthiste assiégeait déjà la ville de 2015 à 2024, sans jamais parvenir à la prendre. La reprise de cet encerclement constitue donc une menace renouvelée pour des habitants qui ont enduré des années de privations.

Du côté des autorités, la riposte peine à produire des effets. Malgré la contre-offensive menée par les forces gouvernementales avec l’appui de l’Arabie saoudite, les Houthis continuent de progresser. Les données cartographiques de l’Institute for the Study of War, analysées par la revue, montrent que le groupe aurait étendu de plus de 2 500 km² le territoire qu’il contrôle autour de Taïz entre le 16 septembre et le 12 octobre. La contre-offensive lancée au début du mois n’a donc pas encore enrayé l’avancée houthiste.

Les conséquences pourraient dépasser le seul sort de Taïz. La position d’Aden, siège du gouvernement yéménite, sur la côte de la mer Rouge, pourrait en être affaiblie, en particulier autour de Dhubab. Pour les populations du sud, l’avancée du groupe fait peser le risque d’une extension du conflit et de nouvelles perturbations de leur vie quotidienne.

Face à cette dynamique, les moyens engagés par Riyad semblent insuffisants pour infliger des pertes significatives aux Houthis. Le royaume redoute par ailleurs une escalade qui plongerait le pays dans un conflit long et coûteux, avec des répercussions sur la sécurité régionale.

La menace dépasse d’ailleurs le territoire yéménite. Les Houthis ont frappé à deux reprises l’aéroport de Riyad les 10 et 11 octobre, provoquant au moins 14 morts et plusieurs centaines de blessés. La première de ces attaques a été la plus meurtrière en Arabie saoudite depuis plus d’une décennie, signe d’un danger croissant pour les civils bien au-delà des zones de combat.

Selon une source diplomatique citée par la revue, Israël aurait proposé à Riyad de rejoindre la campagne contre les Houthis, offre que le prince héritier Mohammed ben Salmane aurait refusée, craignant la réaction de l’opinion publique.

La communauté internationale s’organise de son côté. Plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Pakistan et la Turquie, ont renforcé leur présence militaire en Arabie saoudite ou annoncé l’envoi de matériel défensif depuis l’intensification des attaques houthistes en septembre. Les États-Unis fournissent des services de renseignement et une aide au ciblage à l’armée saoudienne, et ont déployé une batterie Patriot supplémentaire.

Reste la question centrale pour les habitants de Taïz et du Yémen tout entier : la ville pourra-t-elle résister à nouveau, comme elle l’a fait pendant près de dix ans, ou l’encerclement actuel marquera-t-il un tournant du conflit ? Les prochains jours de la contre-offensive gouvernementale, appuyée par Riyad, seront déterminants pour l’avenir des populations prises entre les deux camps.

Ces informations s’appuient notamment sur un reportage de Fatma Khaled publié par l’Associated Press le 13 octobre 2026, ainsi que sur un article de Liza Rozovsky paru dans Haaretz le 12 octobre 2026.

Questions-réponses

Pourquoi la situation des civils à Taïz est-elle de plus en plus précaire ?

Les Houthis contrôlent les principales voies d'approvisionnement et la ville, coupée des zones gouvernementales depuis le 6 octobre, risque de perdre tout accès aux ressources essentielles.

Taïz a-t-elle déjà connu un siège par le passé ?

Oui, le groupe houthiste assiégeait déjà la ville de 2015 à 2024, sans jamais parvenir à la prendre, et les habitants ont enduré des années de privations.

Quelles attaques montrent que la menace dépasse le territoire yéménite ?

Les Houthis ont frappé à deux reprises l'aéroport de Riyad les 10 et 11 octobre, provoquant au moins 14 morts et plusieurs centaines de blessés ; la première attaque a été la plus meurtrière en Arabie saoudite depuis plus d'une décennie.

Comment la communauté internationale réagit-elle ?

Plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Pakistan et la Turquie, ont renforcé leur présence militaire en Arabie saoudite ou annoncé l'envoi de matériel défensif, tandis que les États-Unis fournissent des services de renseignement, une aide au ciblage et une batterie Patriot supplémentaire.