Marchés : les capitaux en quête de repères face au doute sur l'IA
Les investisseurs testent la solidité du financement de l'IA
Marchés : la défiance sur l’IA persiste et les capitaux cherchent des repères
Le Nasdaq 100 a rebondi de 1,1% hier, mettant fin à cinq séances consécutives de baisse, porté par des poids lourds comme Amazon (+5%) et Nvidia (+1,4%). Mais cette pause dans la purge ne dissipe pas les doutes des investisseurs sur la solidité du financement de l’intelligence artificielle. Oracle (+1%) et CoreWeave (-0,4%), placés sous surveillance, n’ont pas fait d’étincelles, signe que la méfiance reste forte à l’égard du “Trade IA”. En Asie, le mouvement peine à reprendre : le KOSPI cède 3,8%, en décalage avec la tentative de rebond américain.
L’entrée en bourse manquée de la société coréenne de centres de données Elice illustre ce changement d’ambiance. Son titre s’est effondré de plus de 30%, alors qu’il y a quelques semaines une performance de +70% aurait sans doute été possible. Une leçon qui va donner à réfléchir aux autres aspirants à une IPO. La référence de cette analyse est disponible sur https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/attention-fragile–ce785cdbd188f725.
En Europe, la séance a été entièrement dans le rouge, un peu pour compenser la clôture haussière de vendredi pendant que Wall Street lâchait du terrain, un peu à cause de l’alourdissement du climat autour du boom de l’IA, et un peu en raison du spectacle peu rassurant offert par la France en matière de stabilité institutionnelle durant le weekend. Le CAC 40 a perdu 1,1% après trois séances de progression. Les valeurs françaises très exposées à l’Hexagone, en chiffre d’affaires comme en image, ont payé le prix fort, à l’image de la Société Générale et d’Accor. Francfort (-1,2%) et Londres (-1,1%) n’ont pas fait mieux.
Le coût de l’argent et le pétrole ajoutent à la pression. Le Brent se négocie aux portes des 110 USD (109,67 USD, +0,4%), porté par un climat géopolitique tendu : le rapprochement entre Trump et Poutine ajoute une couche d’incertitude sur le devenir du conflit en Ukraine, tandis que l’Iran semble reprendre du poil de la bête dans le Golfe Persique. Le rendement de la dette américaine est reparti en légère hausse, mais moins que celui de la dette française, remonté en flèche à 4,93% sur 10 ans après les émeutes du weekend. Le spread Bund/OAT s’établit à 148 points (+8,3%).
Sur le plan politique américain, à 14 jours exactement des élections de mi-mandat, le locataire de la Maison Blanche apparaît affaibli, avec une cote de popularité jamais aussi faible sur ses deux mandats. Les sites de paris prédictifs promettent une défaite aux républicains : sur Polymarket, les démocrates ont 65% de chances de remporter le Sénat et 92% de conquérir la Chambre des représentants ; sur Kalshi, respectivement 62% et 90%.
Face à ce cocktail de pétrole cher, de taux élevés, de craintes sur le financement de l’IA et de désordres politiques, les investisseurs attendent beaucoup de la saison des résultats, sorte de doudou en période d’anxiété. Le calendrier s’étoffe dès aujourd’hui avec EssilorLuxottica, ABB, Deutsche Börse, Anglo American ou Michelin en Europe, puis SpaceX, GE Aerospace, Netflix, RTX, Intuitive Surgical, 3M Company ou General Motors aux Etats-Unis. SpaceX, qui publie ce soir sa seconde comptabilité de société cotée, devrait attirer tous les projecteurs, les financiers y cherchant des signaux de réassurance sur l’écosystème IA, comme ce sera encore le cas demain avec Meta Platforms et, dans une moindre mesure, Tesla.
Côté capital d’entreprise, Schneider Electric lance une augmentation de capital de 6 MdsEUR pour financer une partie du rachat de PTC, tandis qu’UniCredit va racheter l’activité de services titres de la Société Générale en Italie. Aux Etats-Unis, Tradeweb va racheter Trumid pour 2 MdUSD, DXC Technology discute la cession de sa division logiciels d’assurance à Eldridge pour 2,4 milliards de dollars, et Nscale, dont Nvidia est actionnaire, négocierait un contrat cloud de 45 MdsUSD avec Anthropic, selon Bloomberg. Barclays, elle, défend la qualité de son portefeuille de crédit privé de 15 MdsGBP après l’examen annoncé par la Banque d’Angleterre. Le fonds activiste Starboard entre au capital de Solstice, le spinoff d’Honeywell, et l’appelle à se recentrer sur son cœur de métier.
En Asie, la Chine a maintenu ses taux inchangés pour le 17e mois consécutif, à 3% à un an et 3,5% à 5 ans. Le MSCI AC Asia Pacific cède 1,2%, plombé par un KOSPI en chute de 3,7%, Hong Kong limitant la casse à -1% et l’Inde restant fermée. A l’ouverture, le CAC 40 démarre en baisse de -0,3% à 7 844 points, le SMI prend 0,1% à 14 377 points à Zurich et le Bel 20 lâche 0,1% à 5 532 points, malgré la chute de Solvay, pénalisé par le conflit au Moyen-Orient et un abaissement de ses objectifs annuels. L’agenda macro du jour comprend le taux de chômage britannique, les prix à la production allemands, l’indice ZEW, puis les permis de construire et les promesses de ventes américaines.
Questions-réponses
Comment les marchés américains ont-ils réagi face aux doutes sur l'IA ?
Le Nasdaq 100 a rebondi de 1,1%, mettant fin à cinq séances consécutives de baisse, porté par Amazon (+5%) et Nvidia (+1,4%).
Quelles opérations de capital d'entreprise sont annoncées en Europe ?
Schneider Electric lance une augmentation de capital de 6 MdsEUR pour financer une partie du rachat de PTC, et UniCredit va racheter l'activité de services titres de la Société Générale en Italie.
Quelle est la situation de la dette française ?
Le rendement de la dette française à 10 ans est remonté à 4,93% après les émeutes du weekend, et le spread Bund/OAT s'établit à 148 points (+8,3%).
Pourquoi les résultats de SpaceX sont-ils attendus ?
SpaceX publie sa seconde comptabilité de société cotée et les financiers y cherchent des signaux de réassurance sur l'écosystème IA, comme ce sera aussi le cas avec Meta Platforms et Tesla.