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Politique & Gouvernance

Collège Saint-Joseph : quand la parole libre s'empare d'une scène mauricienne

Des lycéens mauriciens investissent la scène pour célébrer la liberté d'expression et le verbe créole.

Théodore Albert a ouvert la soirée avec une enquête dont la principale suspecte était l’éloquence elle-même. Ce choix, à la fois théâtral et retors, a donné le ton d’un événement hors du commun : Le Verbe Joséphien, organisé un samedi soir au Collège Saint Joseph à Maurice, a transformé un amphithéâtre ordinaire en espace de parole libre, le temps de quelques heures décisives.

L’initiative porte la signature de Matthew Laurette et Douglas Gerval. Les deux co-organisateurs ont réuni élèves, proches, professeurs et passionnés de littérature autour d’une célébration du verbe mauricien, mêlant poèmes, slams et discours en français et en Kreol Morisien. Parmi les personnalités présentes figuraient le professeur Arnaud Carpooran, Christophe Clanché, attaché de coopération éducative pour l’Ambassade de France, ainsi que l’équipe du Centre culturel d’expression française. Leur présence traduisait l’ambition portée par cette initiative, menée en collaboration avec l’équipe pédagogique du collège : ancrer la culture de la scène dans la jeunesse mauricienne, tout en ouvrant un espace d’expression sur des sujets que la société aborde encore difficilement.

Additional reference context is available at https://lexpress.mu/s/quand-la-jeunesse-mauricienne-fait-resonner-la-liberte-dexpression-558117.

Théodore Albert, qui avait porté les couleurs mauriciennes lors du Concours d’éloquence de l’Océan Indien en 2024, a lancé la soirée avec cette intensité particulière qu’on reconnaît aux orateurs rompus à la compétition. Son approche a immédiatement installé un rapport de connivence entre la scène et le public. Lionel Bassy a ensuite livré une interprétation sobre et sincère du poème Mo Mama de Henry Favori, plongeant la salle dans un silence attentif avant de déclencher de longs applaudissements.

La succession des prestations a confirmé l’étendue des préoccupations de cette jeunesse. Mikail Abdel Mohammed Utim a évoqué la douleur d’une trahison amicale avec une franchise désarmante. Jean Adrien Charlot a proposé une vision de la masculinité résolument tournée vers l’humanité, en s’appuyant sur cette formule en Kreol Morisien : «Enn zom li so prop feray, so prop forzeron». L’image était frappante dans sa simplicité.

C’est Eitan Gorayah qui a sans doute offert le moment le plus marquant de la nuit. Avec calme et une ironie bien dosée, il a interrogé cette liberté souvent revendiquée mais fréquemment inaccessible dans les réalités sociales du quotidien. Son texte, articulant critique sociale et lucidité, a touché une corde sensible dans l’amphithéâtre.

Ce que l’atmosphère à la fois intime et vibrante de la soirée a mis en évidence, tel que le rapporte l’article disponible à l’adresse lexpress.mu/s/quand-la-jeunesse-mauricienne-fait-resonner-la-liberte-dexpression-558117, c’est que ces jeunes orateurs ne récitaient pas de simples textes. Ils affirmaient leur droit à exister et à questionner le monde autour d’eux.

Douglas Gerval n’a pas dissimulé son émotion à l’issue des prestations. «Mon rêve, c’est de faire grandir la culture de la scène à Maurice», a-t-il confié, précisant sa vision d’un Verbe Joséphien qui deviendrait une plateforme pérenne, libérée de toute censure et de toute peur. Matthew Laurette partage cette conviction. «Le concours d’éloquence m’a appris à comprendre la liberté d’expression», a-t-il expliqué, soulignant que la jeunesse mauricienne a besoin d’espaces pour réfléchir, débattre et aborder des sujets sensibles sans s’autocensurer.

La soirée s’est achevée sur un texte collectif porté ensemble par les élèves, symbole d’unité et d’espoir. L’éloquence comme acte politique, comme déclaration d’existence : c’est le message que cette première édition aura gravé dans les esprits. La question qui demeure, désormais, est de savoir quelles voix supplémentaires une deuxième édition saura faire émerger.

Questions-réponses

Qui a ouvert la soirée du Verbe Joséphien et avec quel type de prestation ?

Théodore Albert a ouvert la soirée avec une enquête dont la principale suspecte était l'éloquence elle-même, installant immédiatement un rapport de connivence entre la scène et le public.

Quelles langues étaient utilisées lors des prestations du Verbe Joséphien ?

Les participants se sont exprimés en français et en Kreol Morisien, reflétant la diversité linguistique de la jeunesse mauricienne.

Quelle vision Douglas Gerval a-t-il exprimée à l'issue de l'événement ?

Douglas Gerval a confié son rêve de faire grandir la culture de la scène à Maurice, souhaitant que le Verbe Joséphien devienne une plateforme pérenne, libérée de toute censure et de toute peur.

Quel élève a proposé une réflexion sur la masculinité et quelle formule en Kreol Morisien a-t-il utilisée ?

Jean Adrien Charlot a proposé une vision de la masculinité tournée vers l'humanité, en s'appuyant sur la formule : «Enn zom li so prop feray, so prop forzeron».