Comores-Madagascar : la reprise des vols directs en juillet 2025 soulage les opérateurs éc
La réouverture d'un corridor aérien régional réduit les coûts pour les opérateurs commerciaux des deux îles.
Reprises de vols Comores-Madagascar : des liaisons directes aux enjeux économiques considérables
Le surcoût imposé par les escales obligatoires via Addis-Abeba disparaîtra bientôt des bilans des opérateurs économiques des deux pays. Les liaisons aériennes directes entre les Comores et Madagascar doivent reprendre dès juillet 2025, mettant fin à quatre ans d’interruption qui ont pesé lourd sur les flux commerciaux et les coûts de mobilité dans l’océan Indien.
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C’est le président Azali Assoumani qui a confirmé la nouvelle le 6 juillet, lors des célébrations du 51e anniversaire de l’indépendance des Comores. La portée financière de cette décision est immédiatement perceptible pour les acteurs du terrain. Nourdine Saïd, qui a vécu quatre ans à Madagascar, chiffre l’impact avec clarté : “Nous étions obligés de passer par Addis-Abeba pour aller à côté de chez nous. Bien sûr, cela va impacter les billets d’avion car faire des escales pareilles, cela coûte beaucoup d’argent par rapport à un vol direct. Il y aura des échanges commerciaux. Tout le monde est gagnant.”
L’équation économique est simple. Supprimer l’escale, c’est réduire mécaniquement les tarifs, raccourcir les temps de trajet et ouvrir de nouveaux créneaux de trafic aux compagnies aériennes désireuses de capter ce corridor. Les secteurs du commerce bilatéral, du tourisme et de l’éducation, dont les flux humains avaient été sévèrement freinés depuis juillet 2022, sont les premiers bénéficiaires identifiés de cette réouverture.
La suspension des vols, décidée par Madagascar en juillet 2022 sous couverture sanitaire, s’inscrivait en réalité dans un contexte de tensions diplomatiques durables entre Moroni et Antananarivo. Le contentieux portait notamment sur 49 kilos d’or saisis aux Comores en décembre 2021, restitués à Madagascar en mars 2025 dans le cadre de ce que les deux parties ont qualifié d‘“accord mutuel”. Ce règlement a débloqué la situation politique, condition préalable à tout accord commercial.
Ce déblocage résulte directement d’une visite officielle d’Azali Assoumani à Madagascar, à l’occasion de la fête nationale malgache. Soilihi Mohamed Djounaid, secrétaire général adjoint du gouvernement comorien, décrit le mécanisme ayant permis cette avancée : “On peut dire qu’il y a eu un réchauffement des relations de coopération, d’amitié et de fraternité avec les nouvelles autorités de Madagascar. Parmi les points convenus entre les deux parties, il y a l’ouverture immédiate des liaisons. Les autorités malgaches confirment que ce sera le mois de juillet. Je n’ai pas encore de date.”
La décision politique est désormais considérée comme acquise par les deux gouvernements. En revanche, les paramètres commerciaux essentiels restent à préciser : la compagnie aérienne retenue pour opérer la route, la structure tarifaire et la date exacte du premier vol n’ont pas encore été rendus publics. Pour les investisseurs et opérateurs du secteur aérien régional, ces détails conditionnent l’évaluation pleine de l’opportunité que représente ce nouveau corridor entre deux économies insulaires longtemps déconnectées. La question qui oriente désormais les calculs des acteurs du marché est de savoir quel opérateur sera le premier à saisir ce créneau.
Questions-réponses
Quel surcoût les opérateurs économiques cherchent-ils à éliminer grâce à la reprise des vols directs ?
Les escales obligatoires via Addis-Abeba imposaient un surcoût significatif sur les billets d'avion et les coûts de mobilité. La suppression de ces escales doit réduire mécaniquement les tarifs et raccourcir les temps de trajet pour les opérateurs des deux pays.
Quels paramètres commerciaux restent encore à définir pour les acteurs du secteur aérien régional ?
La compagnie aérienne retenue pour opérer la route, la structure tarifaire et la date exacte du premier vol n'ont pas encore été rendus publics, ce qui conditionne l'évaluation pleine de l'opportunité que représente ce nouveau corridor.
Quel événement diplomatique a permis de débloquer la situation et d'ouvrir la voie à un accord commercial ?
La restitution à Madagascar, en mars 2025, de 49 kilos d'or saisis aux Comores en décembre 2021, dans le cadre d'un accord mutuel, a réglé le contentieux diplomatique et constitué la condition préalable à la reprise des négociations commerciales.
Quels secteurs économiques sont identifiés comme bénéficiaires directs de la réouverture de la liaison aérienne ?
Les secteurs du commerce bilatéral, du tourisme et de l'éducation, dont les flux humains avaient été sévèrement freinés depuis juillet 2022, sont les premiers bénéficiaires identifiés de cette réouverture.