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Madagascar : 200 disparitions fragilisent le climat d'investissement à Antananarivo
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Madagascar : 200 disparitions fragilisent le climat d'investissement à Antananarivo

L'insécurité croissante à Antananarivo fait peser un risque institutionnel sur les opérateurs économiques présents à Madagascar.

Quelque 200 disparitions enregistrées en quelques semaines suffisent à poser une question de fond sur la viabilité institutionnelle d’un État dont la crédibilité conditionne directement le climat d’investissement. À Madagascar, la psychose sécuritaire qui s’est emparée d’Antananarivo depuis mi-juillet 2026 oblige le gouvernement de la Refondation à engager des ressources opérationnelles significatives, révélant une pression qui dépasse désormais le seul champ policier pour atteindre la sphère politique et économique.

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a confirmé, mardi, que les forces de l’ordre enregistrent chaque jour de nouvelles alertes de familles dont des proches ont disparu. Cette accumulation de signalements pèse sur les structures publiques et contraint l’exécutif à mobiliser des dispositifs coûteux en ressources humaines et logistiques. Un centre de coordination a été installé au commissariat central de Tsaralalàna. Dès le 7 juillet, le conseil des ministres avait rétabli l’Office des transmissions militaires de l’État, l’OTME, chargé de gérer la surveillance par le biais des caméras installées dans la capitale. Une task force anti-kidnapping doit par ailleurs être déployée sous l’autorité directe du Premier ministre, selon L’Express de Madagascar.

Ces dispositifs représentent un engagement de l’État dont l’efficacité reste entière à prouver.

La tension a été amplifiée par la découverte de deux corps en l’espace de quelques jours. Le corps d’une jeune femme ayant récemment terminé ses études de médecine a été retrouvé dans les eaux de la Chute d’Andriamamovoka, à Ranomafana ; ses proches ne l’avaient plus revue depuis le 14 juillet 2026. Le lendemain, le corps d’un étudiant de 22 ans était repêché dans la rivière Ikopa, à proximité des berges d’Alasora. Les autorités ont retenu l’hypothèse de suicides dans les deux cas. Ces drames ont amplifié un sentiment d’insécurité déjà profondément ancré, auquel s’ajoutent des tentatives de vindictes populaires, condamnations menées sans preuve ni procès, que le sommet de l’État interprète comme une possible manoeuvre de déstabilisation politique.

Ce glissement vers une crise à dimension politique explicite représente précisément le type de risque que les opérateurs économiques et les institutions de financement surveillent de près dans un pays dont la crédibilité institutionnelle est déjà mise à l’épreuve.

Par ailleurs, la pression s’est encore alourdie avec l’annonce d’une journée de deuil national, chômée et payée, fixée au vendredi 24 juillet 2026. Cette décision, qui mobilise l’ensemble de la fonction publique, traduit l’ampleur du choc social tout en générant un coût direct pour les finances publiques, à la mesure de l’hommage que l’exécutif entend rendre aux victimes d’enlèvements recensées ces dernières semaines.

Madagascar-Tribune souligne que, sur les réseaux sociaux comme dans les rues de la capitale, les appels à des mesures concrètes se multiplient, de nombreux citoyens déclarant ne plus se sentir en sécurité lors de leurs déplacements les plus ordinaires. Pour les observateurs économiques, un tel niveau d’insécurité perçue pèse mécaniquement sur la consommation locale et sur la confiance des opérateurs.

La restauration de l’OTME et la mise en place d’une task force dédiée constituent des signaux d’engagement de la part de l’État. Mais la question qui restera ouverte dans les semaines à venir est celle de leur efficacité réelle : faute de résultats mesurables, la pression sur la crédibilité du gouvernement de la Refondation, et sur la stabilité qu’il est censé garantir aux acteurs économiques présents à Madagascar, ne fera que s’accentuer.

Questions-réponses

Quels mécanismes l'État malgache a-t-il activés pour répondre à la crise sécuritaire, et quel en est le coût ?

L'État a installé un centre de coordination au commissariat central de Tsaralalàna, rétabli l'Office des transmissions militaires de l'État (OTME) pour la surveillance par caméras, et prévoit le déploiement d'une task force anti-kidnapping sous l'autorité directe du Premier ministre. Ces dispositifs représentent un engagement significatif en ressources humaines et logistiques, dont l'efficacité reste à prouver.

Pourquoi cette crise intéresse-t-elle les institutions de financement et les opérateurs économiques ?

La crédibilité institutionnelle de Madagascar conditionne directement son climat d'investissement. Le glissement vers une crise à dimension politique explicite constitue précisément le type de risque que les opérateurs économiques et les institutions de financement surveillent de près dans un pays dont la crédibilité est déjà mise à l'épreuve.

Quel impact économique direct la journée de deuil national du 24 juillet 2026 engendre-t-elle ?

La journée de deuil national, chômée et payée, mobilise l'ensemble de la fonction publique et génère un coût direct pour les finances publiques, en plus des dépenses opérationnelles déjà engagées pour les dispositifs sécuritaires.

Comment l'insécurité perçue affecte-t-elle l'économie locale à Antananarivo ?

Selon les observateurs économiques, un tel niveau d'insécurité perçue pèse mécaniquement sur la consommation locale et sur la confiance des opérateurs. De nombreux citoyens déclarent ne plus se sentir en sécurité lors de leurs déplacements ordinaires, ce qui freine l'activité économique quotidienne.