L'IA transforme la production et la facturation des ESN
Enquête Numeum et KPMG : l'IA rebat les cartes du delivery et des modèles de facturation
L’IA ne se contente plus d’équiper les équipes : elle change la façon dont les ESN et ICT produisent et facturent leur travail. C’est le constat central de l’enquête annuelle publiée le 8 octobre 2026 par Numeum et KPMG France, qui dresse un état des lieux de la vitalité et des tendances du secteur numérique en 2026.
L’étude repose sur une collecte de données menée par KPMG entre mai et juillet 2026 auprès d’un échantillon représentatif de près de 200 entreprises de toutes tailles implantées en France, interrogées par questionnaire en ligne sur leur stratégie de croissance, la gestion des talents, leurs initiatives ESG et leur innovation. Les données déclarées, notamment en ce qui concerne les unités, ont été corrigées en cas d’erreurs manifestes. Les réponses ont ensuite été analysées par taille d’entreprise selon la réglementation : grandes entreprises de 5 000 salariés et plus, entreprises de taille intermédiaire de 250 à 4 999 salariés, PME de 10 à 249 salariés et microentreprises de moins de 10 salariés.
Sur le terrain opérationnel, les effets de l’IA sont déjà mesurables. En interne, elle sert d’abord à renforcer les capacités des équipes : 86 % des entreprises l’utilisent comme outil d’assistance à la production, avec des usages qui se diffusent dans l’avant-vente, le développement informatique et la gestion des connaissances. Ces investissements produisent des résultats concrets. 37 % des ESN et ICT déclarent des gains de productivité supérieurs à 20 % sur le delivery.
La structuration des usages progresse elle aussi. Près de 6 entreprises sur 10 ont déjà adopté une politique IA formelle, et la moitié disposent d’un processus de validation sécurité et conformité et/ou d’une traçabilité des usages avec suivi des coûts. Ces dispositifs de gouvernance visent à intégrer l’IA de manière durable, en conjuguant performance et confiance.
Le modèle économique bouge à son tour. Les mécanismes traditionnels de création de valeur sont de plus en plus questionnés : près de 6 dirigeants sur 10 anticipent un impact disruptif de l’IA générative et agentique sur leur modèle économique. La facturation au forfait ou en régie demeure largement majoritaire, mais un tiers des acteurs considèrent que la facturation fondée sur la valeur créée est l’évolution de marché la plus probable à court terme. Une part croissante des entreprises prévoit par ailleurs de multiplier par 2,5 la part de leur chiffre d’affaires liée aux offres IA.
Cette évolution s’accompagne d’un déplacement de la valeur vers les missions à forte expertise. 40 % des dirigeants font du conseil stratégique leur principale priorité de développement, devant les activités d’intégration et de conception, citées par 28 % des répondants. La concurrence s’intensifie dans le même temps : 80 % des entreprises identifient les acteurs AI-native à bas coûts qui entrent sur le marché comme le principal défi sur la chaîne de valeur, devant l’internalisation des clients (53 %) et le développement d’agents par les clients eux-mêmes (48 %).
La transformation se joue autant dans les talents que dans les technologies. 62 % des entreprises déclarent déjà un impact de l’IA sur leurs recrutements, marqué principalement par une plus forte sélectivité, mais aussi par une réduction ciblée des recrutements sur certains métiers, compensée par une montée en compétence interne. L’esprit critique, la responsabilité à l’égard des résultats produits par l’IA, la capacité de conseil et la maîtrise opérationnelle des outils s’imposent comme des compétences décisives. Ces besoins se reflètent dans la recherche de profils, désormais concentrée sur les experts IA (data, LLM agentique), les profils hybrides techno/métier et les profils confirmés.
Pour les jeunes diplômés, les volumes de recrutement restent globalement maintenus chez près de la moitié des répondants, mais les exigences progressent : la maîtrise opérationnelle des outils d’IA est désormais attendue dès le début de carrière. La formation de l’ensemble des collaborateurs devient, de ce fait, un investissement stratégique pour accompagner la mutation du secteur. Reste à savoir si la facturation à la valeur créée tiendra ses promesses à court terme.
Questions-réponses
Qui a mené l'enquête et selon quelle méthode ?
L'enquête annuelle a été publiée le 8 octobre 2026 par Numeum et KPMG France. La collecte de données a été menée par KPMG entre mai et juillet 2026 auprès d'un échantillon représentatif de près de 200 entreprises de toutes tailles implantées en France, interrogées par questionnaire en ligne, avec analyse des réponses par taille d'entreprise selon la réglementation.
Quels effets concrets l'IA produit-elle sur le delivery ?
86 % des entreprises utilisent l'IA comme outil d'assistance à la production, avec des usages qui se diffusent dans l'avant-vente, le développement informatique et la gestion des connaissances. 37 % des ESN et ICT déclarent des gains de productivité supérieurs à 20 % sur le delivery.
Comment le modèle de facturation évolue-t-il ?
La facturation au forfait ou en régie demeure largement majoritaire, mais un tiers des acteurs considère que la facturation fondée sur la valeur créée est l'évolution de marché la plus probable à court terme. Une part croissante des entreprises prévoit de multiplier par 2,5 la part de leur chiffre d'affaires liée aux offres IA.
Quel impact l'IA a-t-elle sur les recrutements et les compétences ?
62 % des entreprises déclarent un impact sur leurs recrutements, marqué par une plus forte sélectivité et une réduction ciblée sur certains métiers, compensée par une montée en compétence interne. Les profils recherchés sont les experts IA (data, LLM agentique), les profils hybrides techno/métier et les profils confirmés, et la maîtrise des outils d'IA est attendue dès le début de carrière.