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Duralex : le tribunal d'Orléans départage trois offres de reprise
Crime & Société

Duralex : le tribunal d'Orléans départage trois offres de reprise

Trois candidats repreneurs, un outil industriel en attente de décision

Le tribunal de commerce d’Orléans examine ce lundi 12 octobre 2026 trois offres de reprise pour Duralex, la verrerie du Loiret placée en redressement judiciaire. Une décision devrait intervenir rapidement à l’issue de cette audience, présentée comme décisive par les acteurs du dossier, même si le tribunal pourrait la mettre en délibéré.

Sur le terrain, la direction actuelle avance des signaux concrets. La directrice générale, Peggy Sadier, assure que l’entreprise est parvenue “à redresser la trésorerie”, multipliée par “huit” depuis le changement de direction intervenu le 2 avril. Cette amélioration, estime-t-elle, “montre qu’il y a une voie pour Duralex”.

Côté repreneurs, deux des trois offres déposées “sont bien avancées”, selon Suliman El Moussaoui, représentant syndical CFDT, qui avait affirmé à l’AFP à l’issue de la dernière audience mi-septembre : “On a senti qu’une issue favorable pour Duralex était possible”. Il s’agit de celle du groupe stéphanois Carlesimo et de celle de l’entrepreneur français Cédric Meston, via sa holding Tomé. Ce dernier, cofondateur de la start-up HappyVore, spécialisée dans les substituts végétaux à la viande, et repreneur de Tupperware France en 2025, dit être soutenu par le milliardaire Xavier Niel, patron de Free, qui a investi dans Tomé. Selon le journal la République du Centre, il mobiliserait quelque 15 millions d’euros, dont 5 millions de fonds propres, complétés par des financements des collectivités locales (prêts pour la performance énergétique) et de l’État. Le ministère de l’Industrie, interrogé par l’AFP, s’est refusé à confirmer ces informations.

En matière d’emplois, les montages divergent sensiblement. Carlesimo propose de conserver 125 postes, Tomé 155, pour un effectif de 243 salariés en début d’année. La troisième offre, présentée par le fonds de gestion hongkongais AA Investments, ne porterait que sur la marque et ne maintiendrait que trois salariés. Un observateur la qualifie “d’anecdotique”.

Le calendrier de cette audience finale clôt un processus long. “Après des mois de travail collectif, la relance de Duralex sera fixée lors d’une prochaine audience finale”, avait écrit la direction dans un post LinkedIn, donnant rendez-vous “pour la suite de l’aventure Made in France”. La verrerie, dont les verres ont accompagné des générations d’écoliers dans les cantines, avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d’années, moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative, dont l’échec doit être entériné par le tribunal.

L’industriel fait par ailleurs l’objet d’une enquête du parquet d’Orléans, qui n’a pas précisé les chefs retenus. Des “opérations judiciaires” ont été menées le 3 septembre, notamment “des perquisitions”, dont certaines au siège de l’entreprise à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), en banlieue d’Orléans, avait annoncé à l’AFP la procureure de la République Emmanuelle Bochenek-Puren. L’ancien directeur général François Marciano, figure de la reprise en société coopérative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine, qu’il avait nommé directeur financier, pourraient être visés par la procédure. Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirmé que ses clients “démentent toute implication dans d’éventuelles malversations”.

Reste à savoir laquelle des trois propositions sera retenue et, surtout, laquelle pourra effectivement être mise en œuvre sur le site de la verrerie. C’est désormais entre les mains du tribunal de commerce que se trouve la suite de l’exploitation de l’outil industriel de Duralex.

Questions-réponses

Quelles sont les trois offres de reprise examinées pour Duralex ?

Celle du groupe stéphanois Carlesimo (125 postes conservés), celle de l'entrepreneur Cédric Meston via sa holding Tomé (155 postes), et celle du fonds hongkongais AA Investments, qui ne porterait que sur la marque et ne maintiendrait que trois salariés.

Quel est l'état opérationnel de l'entreprise avant la décision du tribunal ?

La directrice générale Peggy Sadier affirme que la trésorerie a été redressée et multipliée par huit depuis le changement de direction du 2 avril, ce qui montrerait, selon elle, qu'une voie existe pour Duralex.

Comment le projet de reprise de Tomé serait-il financé ?

Selon le journal la République du Centre, il mobiliserait environ 15 millions d'euros, dont 5 millions de fonds propres, complétés par des financements de l'État et des collectivités locales sous forme de prêts pour la performance énergétique. Le ministère de l'Industrie n'a pas confirmé ces informations.

Quelle procédure judiciaire concerne parallèlement l'entreprise ?

Le parquet d'Orléans mène une enquête, sans chefs précisés. Des opérations judiciaires, dont des perquisitions au siège de La Chapelle-Saint-Mesmin, ont eu lieu le 3 septembre. L'ancien directeur général François Marciano et son fils Antoine, ancien directeur financier, pourraient être visés ; ils démentent toute implication dans d'éventuelles malversations.