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Majunga Vibes : la gouvernance culturelle mise à l'épreuve
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Majunga Vibes : la gouvernance culturelle mise à l'épreuve

Un festival associatif à Majunga interroge la redevabilité des organisateurs culturels

Gouvernance culturelle et développement local : l’organisation N10humanitaire met en avant la fraternité régionale à travers le festival Majunga Vibes, dont la dernière édition a accueilli le grand retour de la chanteuse Zily à Majunga, à Madagascar. C’est du moins le bilan que tire Hamada Noussoura Adifane, président de l’organisation et coordinateur du festival, à l’issue de cette immersion, présentée dans l’émission Afro-Club Deluxe de RFI, consultable à cette adresse : https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afro-club-et-afro-club-deluxe/20261016-%C3%A0-madagascar-avec-zily-pour-son-grand-retour-%C3%A0-majunga-afro-club-deluxe

L’événement illustre la manière dont un organisateur associatif assume un double mandat, humanitaire et culturel, en mobilisant la musique comme levier de développement local. Le coordinateur du festival tire les enseignements d’une édition placée, selon lui, sous le signe de la fraternité régionale et du développement local à travers la musique. Cette formulation situe explicitement l’action de l’organisation dans un projet de territoire.

Le retour de l’artiste sur la terre de ses origines a été encadré de bout en bout par les organisateurs. Dès sa descente d’avion à l’aéroport d’Amborovy, Zily a été accueillie dans une ferveur populaire par des groupes traditionnels de mgodro. Ce retour aux sources, chargé d’émotion pour l’interprète de Nini Moina, a été célébré par toute une région comme un pont culturel vivant entre Madagascar et Mayotte. Zily est mahoraise par sa mère et malgache par son père. Elle chante notamment en shimaoré et en kibushi, langues au cœur de son univers.

Le programme préparé par les organisateurs témoigne d’une logistique structurée. Il a compris un tour de ville à travers les artères de la « Cité des Fleurs », jusqu’au mythique baobab géant, ainsi que la visite des ateliers de la société locale Soa Tigra, partenaire du dispositif. Les coulisses des répétitions avec les danseurs et musiciens de l’artiste ont également été ouvertes aux caméras, avant deux soirées de concerts historiques données à guichets fermés. Cette affluence pose la question de la capacité d’accueil et de la gestion des grands événements dans la ville.

L’émission elle-même s’ouvre sur un classement entièrement consacré aux musiques de l’océan Indien, un format qui donne une visibilité régionale aux artistes et aux scènes locales. Les Comores y ouvrent le Top 10 avec Zoubs Mars et son titre Naïf. Terrell Elymoor représente Mayotte avec Moimtsangu, avant la connexion comorienne Says’z & Goulam sur Sevressa. Madagascar entre dans le classement avec Chantal et Michaondraondra, puis Mayotte revient avec Ilaska et Tereza.

Jaed & Rijade prennent la cinquième place avec Asa Digninao, avant Zily elle-même, quatrième avec Nini Moina. Rim-Ka monte sur la troisième marche avec Gâter Pourri, Lima occupe la deuxième avec Tsy Aody, tandis que Ceasar & Denise s’installent au sommet avec Aura. Zily figure également au programme avec le titre Swamaha.

Pour un public attentif à la gouvernance des initiatives culturelles, l’épisode offre un cas d’étude concret : une organisation à but humanitaire, N10humanitaire, qui pilote un festival international, coordonne l’accueil d’une artiste à la notoriété régionale croissante et revendique des retombées en matière de développement local. La parole donnée en fin d’immersion à son président et coordinateur, Hamada Noussoura Adifane, constitue une forme de redevabilité publique. L’organisateur rend ainsi compte des objectifs de l’édition auprès des auditeurs.

Reste à savoir, pour les éditions futures, comment ces principes affichés, fraternité régionale et développement par la musique, se traduiront en résultats mesurables pour les acteurs locaux, artistes comme partenaires économiques impliqués dans le dispositif.

Questions-réponses

Qui pilote le festival Majunga Vibes et quel double mandat assume-t-il ?

L'organisation à but humanitaire N10humanitaire, dont le président Hamada Noussoura Adifane est aussi coordinateur du festival, assume un double mandat humanitaire et culturel en mobilisant la musique comme levier de développement local.

Comment les organisateurs ont-ils encadré le retour de Zily à Majunga ?

Le programme préparé par les organisateurs comprenait un accueil à l'aéroport d'Amborovy avec des groupes traditionnels de mgodro, un tour de ville jusqu'au baobab géant, la visite des ateliers du partenaire Soa Tigra, l'ouverture des coulisses des répétitions aux caméras et deux soirées de concerts à guichets fermés.

En quoi la parole donnée par le coordinateur constitue-t-elle une forme de redevabilité ?

À l'issue de l'immersion, Hamada Noussoura Adifane rend compte publiquement, dans l'émission Afro-Club Deluxe de RFI, des objectifs de l'édition et du bilan de fraternité régionale et de développement local auprès des auditeurs.

Quelle question de gouvernance soulève le succès de l'événement ?

L'affluence des deux concerts à guichets fermés pose la question de la capacité d'accueil et de la gestion des grands événements dans la ville, et il reste à savoir comment les principes affichés se traduiront en résultats mesurables pour les artistes et partenaires économiques locaux.

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