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Dons de gamètes à La Réunion : 540 patients en attente
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Dons de gamètes à La Réunion : 540 patients en attente

Le centre du CHU Sud Réunion peine à convertir les intentions favorables en dons réels

Le centre de don de gamètes du CHU Sud Réunion tourne, mais la chaîne d’approvisionnement ne suit pas. À fin 2024, 540 personnes attendaient sur la liste d’attente de l’île, alors que l’année n’a enregistré que 15 dons : 8 donneuses d’ovocytes et 7 donneurs de spermatozoïdes, en recul par rapport à 2023 (11 et 9 respectivement). C’est le constat qui ressort des données publiées à l’occasion de la semaine européenne de la fertilité, qui se tient du 2 au 8 novembre.

L’Agence de la biomédecine, qui suit ces chiffres à travers son Baromètre 2026, observe un paradoxe. L’adhésion au principe du don est réelle sur l’île ; la production de dons, elle, reste insuffisante face aux besoins. 63 % des habitants déclarent avoir déjà entendu parler du don de gamètes et 59 % se disent favorables à la démarche. Mais seuls 40 % estiment être suffisamment informés sur le sujet, un écart qui éclaire le goulot d’étranglement entre la bienveillance déclarée et le passage à l’acte.

Concrètement, le don permet à des personnes pour qui une conception naturelle n’est pas possible de concrétiser leur projet parental. Le dispositif est ouvert aux femmes comme aux hommes, sous conditions précises : être âgée de 18 à 37 ans inclus pour les femmes, de 18 à 44 ans inclus pour les hommes, et être en bonne santé. À La Réunion, l’accompagnement opérationnel est assuré par les équipes du centre de don du CHU Sud Réunion, qui suivent les donneurs et donneuses tout au long de leur démarche, de la première prise de contact jusqu’au prélèvement.

Le recul du nombre de dons entre 2023 et 2024, à la fois chez les donneuses d’ovocytes et chez les donneurs de spermatozoïdes, intervient alors même que la file d’attente pour une AMP avec don dépasse les 500 personnes sur l’île. L’écart entre les deux courbes, celle des inscriptions en attente et celle des dons effectivement réalisés, mesure l’ampleur du déficit de livraison. C’est précisément ce déficit que la semaine européenne de la fertilité entend contribuer à combler, en informant le public sur les conditions du don et sur la possibilité d’entrer dans le parcours d’accompagnement.

Pour les équipes du CHU Sud Réunion comme pour l’Agence de la biomédecine, l’enjeu opérationnel est double : renforcer l’information, puisque six habitants sur dix estiment ne pas disposer de données suffisantes sur le sujet, et transformer une opinion favorable majoritaire en dons effectifs. La liste d’attente continuera-t-elle de s’allonger plus vite que les prélèvements ne la résorbent ? Tout dépendra de la capacité du dispositif à convertir les intentions en actes.

Questions-réponses

Quelle est l'ampleur du déficit de dons de gamètes à La Réunion ?

À fin 2024, 540 personnes attendaient sur la liste d'attente de l'île, alors que l'année n'a enregistré que 15 dons : 8 donneuses d'ovocytes et 7 donneurs de spermatozoïdes, en recul par rapport à 2023 (11 et 9 respectivement).

Qui assure l'accompagnement opérationnel des donneurs à La Réunion ?

Les équipes du centre de don du CHU Sud Réunion suivent les donneurs et donneuses tout au long de leur démarche, de la première prise de contact jusqu'au prélèvement.

Quelles sont les conditions pour donner ses gamètes ?

Le dispositif est ouvert aux femmes comme aux hommes : être âgée de 18 à 37 ans inclus pour les femmes, de 18 à 44 ans inclus pour les hommes, et être en bonne santé.

Que révèle le Baromètre 2026 de l'Agence de la biomédecine ?

Il observe un paradoxe : 63 % des habitants ont déjà entendu parler du don de gamètes et 59 % s'y disent favorables, mais seuls 40 % estiment être suffisamment informés, ce qui éclaire le goulot d'étranglement entre bienveillance déclarée et passage à l'acte.