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Maurice économise Rs 120 millions en limitant sa dépendance aux combustibles importés
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Maurice économise Rs 120 millions en limitant sa dépendance aux combustibles importés

Un règlement temporaire de sobriété réduit l'exposition de Maurice à la volatilité des marchés pétroliers mondiaux.

Mauritius Capital Watch

Rs 120 millions d’économies sur la facture énergétique : Maurice mise sur la sobriété réglementée pour réduire son exposition aux marchés pétroliers

Quelque Rs 120 millions : c’est l’économie attendue sur la facture de combustible de Maurice grâce à un règlement temporaire de sobriété énergétique en vigueur du 1er mai au 1er novembre 2026. La logique économique est limpide. La dépendance structurelle de l’île au fioul lourd pour sa production électrique l’expose directement aux chocs de prix sur les marchés internationaux, une vulnérabilité que les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient ont encore accentuée.

Le dispositif réglementaire, intitulé Energy Efficiency (Control of Non-Essential Grid-Based Activities) Regulations 2026, cible une réduction quotidienne d’environ 5 mégawatts de la demande sur le réseau national. Sur la totalité de la période d’application, les autorités projettent une contraction de la consommation permettant d’épargner près de 4 500 tonnes métriques de fioul lourd, poste d’où découlent directement les Rs 120 millions anticipées. Ces chiffres ont été communiqués par le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, en réponse à une interpellation parlementaire de Farhad Aumeer.

Pour les opérateurs commerciaux, les contraintes sont concrètes et opérationnelles. Le règlement interdit l’éclairage décoratif, l’illumination extérieure des bâtiments en dehors des impératifs de sécurité, le maintien de l’éclairage des terrains de jeux extérieurs inutilisés, et impose que la climatisation dans les locaux non résidentiels ne descende pas en dessous de 24 degrés Celsius. Ce sont donc les gestionnaires d’actifs commerciaux, les centres commerciaux, les bureaux et les établissements publics qui absorbent l’essentiel des contraintes d’exploitation. Les ménages, ainsi que les infrastructures critiques comme les hôpitaux, les services d’urgence, les aéroports, les ports, l’éclairage public, les services de distribution d’eau, les centrales électriques et les services de radiodiffusion, sont expressément exemptés.

L’architecture de contrôle mobilise deux institutions clés du secteur. L’Energy Efficiency Management Office (EEMO) et le Central Electricity Board (CEB), ce dernier jouant un rôle central dans la gestion du réseau, conduisent des inspections dans les bâtiments commerciaux avec le concours de la police. Deux lignes WhatsApp dédiées permettent au public de signaler les cas présumés de gaspillage, et des campagnes de sensibilisation informent les entreprises de leurs nouvelles obligations.

Le régime de sanctions prévoit, en cas de non-conformité, une amende pouvant atteindre Rs 200 000 ainsi qu’une peine d’emprisonnement maximale de deux ans. Dans la pratique, les autorités privilégient une approche graduée : un avis de conformité est d’abord émis, accordant généralement cinq jours au contrevenant pour régulariser sa situation. Depuis l’entrée en vigueur du règlement, un peu plus de deux mois et demi ont suffi pour enregistrer 92 plaintes et conduire 81 inspections. L’EEMO a délivré 29 avis de conformité, dont 17 ont déjà donné lieu aux mesures correctives requises. Patrick Assirvaden a précisé qu’aucune poursuite judiciaire n’a encore été engagée.

Deux questions à portée économique plus large ont également été soulevées lors des échanges parlementaires. Farhad Aumeer a interrogé le ministre sur la possibilité d’imposer aux centres commerciaux de recourir prioritairement à l’énergie solaire, une orientation qui aurait des implications directes sur la structure de financement et d’approvisionnement énergétique de ces opérateurs. Patrick Assirvaden a indiqué qu’il allait étudier la question, reconnaissant sa pertinence.

Sur la prolongation éventuelle du dispositif au-delà de novembre 2026, le ministre a adopté une position prudente : si la nécessité se fait sentir, la question sera réexaminée. Cette réserve laisse ouverte la perspective d’une extension des contraintes pesant sur les coûts d’exploitation des acteurs non résidentiels.

Pour les investisseurs et opérateurs exposés au marché énergétique mauricien, le signal est clair : les autorités entendent agir sur la demande comme levier de gestion des risques d’approvisionnement, dans un contexte où la facture des importations de combustible reste directement corrélée à la volatilité des marchés mondiaux. La question qui demeure ouverte est de savoir si une obligation de recours au solaire pour les grands consommateurs commerciaux viendrait modifier durablement la structure de coûts et d’investissements du secteur.

Questions-réponses

Quelle économie financière le règlement de sobriété énergétique est-il censé générer, et sur quelle période?

Les autorités projettent Rs 120 millions d'économies sur la facture de combustible, pour une période d'application allant du 1er mai au 1er novembre 2026.

Quels opérateurs économiques sont directement soumis aux contraintes du règlement, et lesquels en sont exemptés?

Les gestionnaires d'actifs commerciaux, centres commerciaux, bureaux et établissements publics absorbent l'essentiel des contraintes. Les ménages et les infrastructures critiques (hôpitaux, aéroports, ports, services d'urgence, distribution d'eau, centrales électriques, radiodiffusion) sont expressément exemptés.

Quelle question d'investissement à portée plus large a été soulevée lors des échanges parlementaires?

Farhad Aumeer a interrogé le ministre sur la possibilité d'imposer aux centres commerciaux de recourir prioritairement à l'énergie solaire, une mesure qui aurait des implications directes sur la structure de financement et d'approvisionnement énergétique de ces opérateurs. Patrick Assirvaden a indiqué qu'il allait étudier la question.

Quel bilan d'application le dispositif affiche-t-il après deux mois et demi, et quelles sont les sanctions encourues?

92 plaintes ont été enregistrées et 81 inspections conduites. L'EEMO a délivré 29 avis de conformité, dont 17 ont déjà donné lieu aux mesures correctives requises. Aucune poursuite judiciaire n'a encore été engagée. Les sanctions maximales prévues sont une amende de Rs 200 000 et deux ans d'emprisonnement.