Arrêts maladie à la police : une circulaire du 14 août menace la rémunération de centaines
Une circulaire policière fragilise la rémunération de centaines d'agents en congé médical.
Une circulaire datée du 14 août 2025 est au coeur d’un bras de fer entre la Police Fighters Union et le commissaire de police de Maurice, avec, en jeu, la rémunération directe de centaines d’agents en arrêt maladie.
La Police Fighters Union a tenu une conférence de presse ce vendredi pour dénoncer les implications salariales d’un texte administratif qu’elle juge contraire aux droits financiers des policiers. Le sergent Phookeer, figure du syndicat, a ciblé la circulaire du commissaire de police, estimant qu’elle durcit sensiblement les conditions applicables aux agents absents pour raison médicale, et ce, au détriment de leur salaire.
L’enjeu économique est immédiat. Toute sanction liée à un congé maladie contesté peut déboucher sur une retenue sur salaire. C’est précisément ce mécanisme que le syndicat remet en question.
Selon les dispositions du Pay Research Bureau, un policier qui prend un jour de congé maladie n’est pas tenu de produire un certificat médical. Mais dès lors qu’il consulte un médecin du secteur privé et obtient un tel certificat, celui-ci ne serait pas reconnu par la hiérarchie. L’agent serait alors contraint de se tourner vers un Police Medical Officer ou de se rendre à l’hôpital public pour que son absence soit officiellement justifiée, ce qui génère un coût indirect en temps et en démarches.
C’est cette asymétrie dans la reconnaissance des certificats médicaux qui cristallise la critique syndicale. Le sergent Phookeer formule la question en termes directs : « Je ne comprends pas. Le médecin privé est enregistré auprès du Medical Council et délivre un certificat médical. Pourquoi ce certificat ne serait-il pas accepté ? » Pour le syndicat, cette non-reconnaissance expose les policiers à des conséquences financières potentiellement injustes, sans qu’une procédure contradictoire ne soit garantie.
Sur le plan du droit contractuel, le sergent Phookeer invoque la Section 8 de la Constitution : « S’il y a une faute, il faut une instance pour déterminer si la personne est coupable ou pas. Si elle est reconnue coupable, une sanction peut être appliquée. » L’absence d’un tel dispositif d’arbitrage fragilise, selon le syndicat, la position contractuelle des agents et expose l’administration à des contestations juridiques susceptibles d’engager des coûts pour l’institution elle-même.
La procédure en vigueur prévoit qu’un policier qui se déclare malade informe d’abord son supervising officer. C’est dans le prolongement de cette obligation que se greffe la question des certificats, et donc du statut des praticiens du secteur privé dont les attestations ne sont pas reconnues à égalité avec celles délivrées dans le cadre du dispositif médical de la police.
Par contraste, les médecins du secteur public ou les Police Medical Officers bénéficient d’une reconnaissance automatique, créant une distorsion de traitement entre deux catégories de prestataires de soins pourtant également accrédités par le Medical Council. Pour les agents qui font le choix économique d’un médecin privé, ce déséquilibre se traduit par un risque financier direct.
Face à cette situation, la Police Fighters Union appelle le commissaire de police à réviser la circulaire du 14 août 2025 et à ouvrir des consultations formelles avec les organisations syndicales. L’objectif déclaré est de recueillir les propositions des représentants du personnel afin de réformer le système de gestion des congés maladie au sein de l’institution policière. Un cadre négocié, plaide le syndicat, protégerait à la fois les intérêts financiers des agents et la cohérence opérationnelle de la police.
Le dossier révèle une tension structurelle entre la gestion administrative des ressources humaines dans la fonction publique et les droits salariaux des agents. Tant que les certificats du secteur privé ne bénéficieront pas d’une reconnaissance équivalente, les policiers qui choisissent un médecin privé s’exposent à un risque financier que le syndicat qualifie d’injuste et d’inconstitutionnel. La question qui demeure ouverte est de savoir si le commissaire de police acceptera d’entrer en négociation, ou si le syndicat choisira une voie juridique pour faire valoir les droits salariaux de ses membres.
Questions-réponses
Quel est l'impact financier direct de la circulaire du 14 août 2025 sur les policiers ?
Toute sanction liée à un congé maladie contesté peut déboucher sur une retenue sur salaire pour les agents concernés, potentiellement des centaines de policiers.
Pourquoi les certificats médicaux du secteur privé sont-ils au coeur du litige économique ?
Les certificats délivrés par des médecins privés, pourtant enregistrés auprès du Medical Council, ne sont pas reconnus par la hiérarchie policière, contrairement à ceux des Police Medical Officers ou des hôpitaux publics, créant un risque financier direct pour les agents qui font le choix économique d'un praticien privé.
Quelles sont les dispositions du Pay Research Bureau invoquées par le syndicat ?
Selon le Pay Research Bureau, un policier qui prend un jour de congé maladie n'est pas tenu de produire un certificat médical, une disposition que la circulaire contestée viendrait contredire en pratique.
Quelles mesures la Police Fighters Union réclame-t-elle pour résoudre le différend ?
Le syndicat appelle le commissaire de police à réviser la circulaire du 14 août 2025 et à ouvrir des consultations formelles avec les organisations syndicales, afin de réformer le système de gestion des congés maladie dans un cadre négocié protégeant les intérêts financiers des agents.