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À Madagascar, le sida frappe les jeunes chaque jour
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À Madagascar, le sida frappe les jeunes chaque jour

Faubourgs d'Antananarivo : des jeunes en première ligne face au VIH

À Antananarivo, dans les faubourgs de la capitale malgache, Alexandra arpente les quartiers pour convaincre les jeunes femmes de se faire dépister. Ancienne travailleuse des rues, elle connaît les chemins qui mènent à celles que la maladie guette. Sur les 50 tests qu’elle réalise, 10 en moyenne se révèlent positifs, note Le Monde. Derrière ce chiffre se dessine une réalité plus large : selon les révélations du Programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/sida (PNLIS), faites les 27 et 28 octobre 2026, trois à cinq jeunes âgés de 19 à 25 ans décèdent chaque semaine du sida dans un centre hospitalier d’Antananarivo, nous apprend L’Express de Madagascar.

Ce sont ces jeunes, et leurs familles, que la crise frappe en premier lieu. Les victimes du virus ont aujourd’hui entre 19 et 25 ans, un âge où la vie commence à peine. Outre le faible usage du préservatif, cette explosion de la propagation s’expliquerait par l’augmentation du nombre d’hommes reconnaissant avoir eu des relations sexuelles avec plusieurs partenaires. Selon aa.com.fr, ce taux est passé de 16,7 % en 2021 à 24,1 % en 2023.

Les chiffres enregistrés par les services de santé du ministère donnent la mesure de l’épidémie. En 2025, 15 800 nouveaux cas positifs ont été détectés lors de 592 000 dépistages réalisés dans 114 districts. Si la présence du virus demeure plus faible en brousse, elle a fortement augmenté en ville. Plus de 150 000 personnes sont aujourd’hui porteuses du virus à Madagascar.

Pour les intervenants de terrain, l’explication tient en grande partie à l’argent, ou plutôt à son absence. Le docteur Mananarisoa Ravelohanta, de l’association Ainga/Aides, détaille les causes de ce taux de mortalité élevé : “Le Fonds mondial assure l’essentiel du financement, tandis que l’engagement de l’État reste insuffisant. Ces financements ne couvrent pas toutes les régions, ce qui limite les interventions prises en charge. L’enveloppe disponible est presque entièrement absorbée par les traitements, car le nombre de personnes sous traitement augmente. Il reste donc très peu de moyens pour la sensibilisation et la prévention, notamment le dépistage et la distribution de préservatifs.”

Les conséquences se mesurent dans le quotidien des plus exposés. Les préservatifs, auparavant distribués gratuitement, doivent désormais être achetés. Même constat pour les seringues destinées aux consommateurs d’héroïne, dont les distributions gratuites ont cessé. Deux outils essentiels de la lutte contre la transmission du VIH viennent ainsi de disparaître, précisément au moment où l’épidémie progresse.

Face à ce bilan très préoccupant, les instances ministérielles en charge de la Santé ont réagi. La cheffe du PNLIS, le Dr Norosoa Ratokoherimora, a rappelé qu’aujourd’hui, pour se faire dépister, “les jeunes ont bel et bien accès au dépistage dans les centres de santé”, relève 2424.mg. Le média en ligne souligne par ailleurs que les traitements antirétroviraux (ARV), indispensables pour contrôler l’infection et éviter son évolution vers le sida, sont également disponibles partout à Madagascar.

Selon la même source, le dépistage précoce reste essentiel. Se faire tester permet de connaître son statut sérologique et, en cas de résultat positif, de commencer rapidement un traitement. Vivre avec le VIH ne signifie pas nécessairement développer le sida, à condition de bénéficier d’une prise en charge adaptée et régulière.

Reste que, sur le terrain, ce message passe d’abord par des personnes comme Alexandra, qui continue de porter la parole de la prévention dans les quartiers où le virus avance. Tant que les moyens de la sensibilisation resteront aussi limités, ce sont ces allers-retours entre les faubourgs et les centres de santé qui tiendront, pour beaucoup de jeunes Malgaches, la ligne de front contre l’épidémie.

Questions-réponses

Qui est Alexandra et quel rôle joue-t-elle sur le terrain ?

Elle arpente les faubourgs d'Antananarivo pour convaincre les jeunes femmes de se faire dépister ; sur les 50 tests qu'elle réalise, 10 en moyenne se révèlent positifs.

Combien de jeunes meurent chaque semaine du sida à Antananarivo ?

Selon le PNLIS, trois à cinq jeunes de 19 à 25 ans décèdent chaque semaine du sida dans un centre hospitalier d'Antananarivo.

Quels facteurs expliquent la propagation du VIH chez les jeunes ?

Le faible usage du préservatif et l'augmentation du nombre d'hommes reconnaissant des relations avec plusieurs partenaires, passé de 16,7 % en 2021 à 24,1 % en 2023.

Pourquoi la prévention manque-t-elle de moyens selon les intervenants de terrain ?

Le docteur Mananarisoa Ravelohanta, de l'association Ainga/Aides, explique que le Fonds mondial assure l'essentiel du financement, l'engagement de l'État restant insuffisant, et que l'enveloppe est presque entièrement absorbée par les traitements.

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