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Madagascar : le site de Teniky daté d'environ 1 000 ans
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Madagascar : le site de Teniky daté d'environ 1 000 ans

Une architecture rupestre révèle un chantier millénaire au cœur de l'Isalo

Un chantier vieux de mille ans dans le massif de l’Isalo vient d’être daté avec précision. Sur le site archéologique de Teniky, au sud de Madagascar, une équipe de chercheurs suisses et malgaches a établi que les aménagements spectaculaires taillés dans la roche remontent à environ 1 000 ans. Terrasses, cavités et bassins creusés au pied d’une immense falaise attestent d’un effort de construction considérable, mené entre le XIe et le XIIe siècle, dans un lieu isolé situé à 200 kilomètres des côtes.

L’ampleur des travaux frappe d’abord les spécialistes. Une centaine de terrasses artificielles ont été bâties le long des pentes vertigineuses du massif, tandis que des cavités ont été creusées au pied de la falaise. Guido Schreurs, géologue qui a participé aux recherches, décrit une opération d’une tout autre échelle que les aménagements ordinaires de la région. « C’est un site très spécial, très mystérieux, très mystique. Quand on construit cela, une architecture rupestre, ça demande un effort considérable. C’est-à-dire que c’est un lieu important, peut-être un lieu de rassemblement, un lieu religieux. On a trouvé des bassins qui ressemblent à des autels, peut-être pour faire des cérémonies. On se demande bien sûr qui les a faits. J’ai émis une hypothèse : ce sont peut-être des gens qui viennent de l’Iran actuel, de la Perse ancienne. Il y a une certaine ressemblance avec des structures taillées dans la roche que l’on trouve là-bas. »

Comment cette datation a-t-elle été établie ? Grâce à la découverte de milliers de pièces céramiques datant de cette époque. Depuis 2021, les chercheurs ont mis au jour environ 3 000 pièces à Teniky, dont une partie importée de Chine et d’Asie du Sud-Est. Ces objets, aux origines géographiques très lointaines, constituent un indice matériel précieux sur les capacités d’organisation et les échanges dont bénéficiait déjà l’île il y a un millénaire.

Pour Chantal Radimilahy, docteure en archéologie, ces trouvailles redessinent la place de Madagascar dans les circuits d’échanges de l’époque. « Ce que ça montre, c’est que Madagascar n’était pas isolée. Madagascar, avec ses produits d’importation, était dans le réseau du commerce international, déjà, du Xe au XVe siècle. Différentes régions de Madagascar étaient comprises dans cette mondialisation, cette globalisation. Ce sont les produits qui circulent, ils viennent peut-être de Chine, mais ceux qui les transportaient étaient peut-être malaisiens, indonésiens, indiens. Mais nous ne savons pas encore qui étaient les premiers migrants à Madagascar. »

Les questions sur les bâtisseurs restent donc ouvertes. L’hypothèse d’une origine perse, avancée par Guido Schreurs sur la base de ressemblances avec des structures rupestres d’Iran, n’a pas encore été confirmée. L’identité des premiers migrants à Madagascar demeure inconnue, malgré les indices accumulés sur place.

Un autre programme de recherche est mené à Madagascar pour approfondir ces questions. Consacré à « l’archéologie des embouchures », il vise à étudier les sites par lesquels arrivaient les commerçants étrangers, afin d’en apprendre davantage sur les origines du peuplement de la Grande Île. Ces travaux complètent les découvertes de Teniky en cherchant à reconstituer les points d’entrée et les circuits par lesquels les produits importés, comme les céramiques exhumées sur le site, parvenaient jusqu’à l’intérieur des terres.

Le chantier continue. Situé dans un cirque escarpé du célèbre parc national de l’Isalo, le site de Teniky livre toujours des informations précieuses sur l’histoire de Madagascar. Les recherches de l’équipe suisse et malgache, détaillées dans une publication dont rend compte https://www.rfi.fr/fr/afrique/20261030-arch%C3%A9ologie-un-site-vieux-d-environ-1000-ans-livre-des-informations-pr%C3%A9cieuses-sur-madagascar, montrent qu’une opération entamée il y a environ mille ans, à 200 kilomètres des côtes, reliait déjà l’île aux réseaux du commerce international. Reste à déterminer qui ont été les artisans de cette architecture rupestre, et quelles fonctions, cérémonielles ou religieuses, étaient celles des bassins et des terrasses qu’ils ont laissés dans la roche.

Questions-réponses

Comment la datation du site de Teniky a-t-elle été établie ?

La datation repose sur la découverte de milliers de pièces céramiques de cette époque : depuis 2021, environ 3 000 pièces ont été mises au jour sur le site.

Quels aménagements ont été réalisés sur le site ?

Une centaine de terrasses artificielles bâties le long des pentes du massif, des cavités et des bassins creusés au pied d'une immense falaise, dont certains ressemblent à des autels.

Qui pourrait être à l'origine de ces constructions ?

Guido Schreurs émet l'hypothèse de personnes venues de l'Iran actuel, la Perse ancienne, en raison de ressemblances avec des structures taillées dans la roche là-bas, mais cette hypothèse n'est pas confirmée.

En quoi consiste le programme d'archéologie des embouchures ?

Il vise à étudier les sites par lesquels arrivaient les commerçants étrangers, afin de reconstituer les circuits par lesquels les produits importés parvenaient à l'intérieur des terres.