Israël : Herzog choisira qui Formera le gouvernement dimanche
Un pays en attente d'un nom, dix jours avant le vote
Isaac Herzog doit trancher ce dimanche. Le président israélien annoncera le nom de la personne chargée de former le prochain gouvernement, au terme d’une semaine de négociations tendues qui laissent les citoyens dans l’attente, à dix jours des élections législatives du 27 octobre.
Pour Benyamin Netanyahou, l’enjeu dépasse le simple programme politique. Dans une allocution vidéo diffusée samedi, le premier ministre a lancé un avertissement sans ambiguïté : une coalition impliquant les partis arabes mènerait, selon lui, au démantèlement de l’État d’Israël de l’intérieur. Il a comparé ce scénario à des processus observés dans certains pays européens, tout en jugeant les conséquences bien plus graves pour la nation. M. Netanyahou accuse les partis arabes de vouloir « islamiser Israël » et les qualifie de « soutiens du terrorisme », une rhétorique qui présente le choix des électeurs comme une question de survie nationale plutôt que de programme.
Cette rhétorique résonne avec un discours plus large, souvent porté par des commentateurs de droite en Occident. Elle vise à mobiliser une base électorale inquiète pour l’avenir du pays. Pour suivre les développements de cette crise politique, l’analyse est disponible sur https://www.lefigaro.fr/international/israel-benyamin-netanyahou-affirme-qu-un-gouvernement-avec-les-partis-arabes-demantelerait-l-etat-hebreu-20261107.
Pendant ce temps, Gadi Eisenkot tente une autre voie. Le chef du bloc d’opposition, perçu comme l’un des candidats les mieux placés pour diriger le pays, a reçu le soutien de la Liste unifiée et de Raam, deux partis arabes représentant 19 députés. Il n’a pas écarté la possibilité de coopérer avec ces formations arabes. Mais il n’a pas non plus exclu une alliance avec les partis ultra-orthodoxes, ce qui laisse ouverte chaque option pour les Israéliens qui espèrent un gouvernement stable.
En coulisses, le président Herzog travaille de son côté sur la formation d’un gouvernement d’union nationale. M. Netanyahou a réaffirmé son soutien à cette idée, à une condition près : qu’elle se fasse sous sa propre direction. Il a appelé à un rassemblement de l’intégralité des partis du camp national et de toutes les formations sionistes, avec pour objectif affiché de préserver l’État d’Israël, qu’il décrit comme l’unique État du peuple juif.
La divergence entre ces deux visions, coalition élargie ou union nationale menée par les partis nationalistes, illustre la profonde division qui traverse la société israélienne. Les citoyens, issus des communautés juives comme arabes, attendent désormais des solutions concrètes pour garantir la stabilité de leur quotidien. Reste à savoir si le choix annoncé dimanche par M. Herzog rapprochera le pays d’un gouvernement, ou prolongera l’incertitude.
Questions-réponses
Quand Isaac Herzog annoncera-t-il la personne chargée de former le gouvernement ?
Ce dimanche, au terme d'une semaine de négociations tendues, à dix jours des élections législatives du 27 octobre.
Quels partis soutiennent Gadi Eisenkot ?
La Liste unifiée et Raam, deux partis arabes représentant 19 députés. Il n'a pas écarté de coopérer avec ces formations, ni d'allier les partis ultra-orthodoxes.
Qu'a déclaré Benyamin Netanyahou sur une coalition avec les partis arabes ?
Dans une allocution vidéo diffusée samedi, il a affirmé qu'une telle coalition mènerait au démantèlement de l'État d'Israël de l'intérieur, accusant les partis arabes de vouloir « islamiser Israël » et de soutenir le terrorisme.
Quelle idée travaille Isaac Herzog en coulisses ?
La formation d'un gouvernement d'union nationale, idée soutenue par Netanyahou à condition qu'elle se fasse sous sa propre direction, avec l'ensemble des partis du camp national et des formations sionistes.