Deux États, deux peuples : Paris garde le cap de la paix
Paris maintient son soutien à la coexistence de deux peuples malgré l'incertitude électorale
Pour les citoyens français comme pour les populations de toute la région, le règlement du conflit israélo-palestinien ne relève pas seulement de la diplomatie : il touche à la sécurité, à la paix et aux droits de deux peuples. C’est dans cette perspective que la position de la France vient d’être réaffirmée avec insistance, alors même que les résultats des élections législatives en Israël restent incertains.
Invité des “4 Vérités” sur France 2, mercredi 28 octobre, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a voulu écarter toute ambiguïté. Quel que soit le résultat du scrutin, la diplomatie française continuera de pousser pour une solution à deux Etats, un Etat israélien et un Etat palestinien vivant côte à côte “en paix”. “Notre cap ne variera pas”, a-t-il déclaré, avant de marteler : “Notre cap est très clair et notre position est inchangée.”
Le chef de la diplomatie française a précisé ce que cette ligne signifie concrètement pour les populations concernées. “Ce que nous souhaitons, c’est la sécurité pour Israël, mais c’est aussi la perspective de deux Etats vivant côte à côte, reconnus et respectés dans leur droit, en paix.” Une formulation qui place sur le même plan la protection des citoyens israéliens et la reconnaissance des droits du peuple palestinien.
Cette constance s’inscrit dans un contexte de relations tendues entre Paris et Jérusalem, en particulier depuis que le président Emmanuel Macron a reconnu l’Etat de Palestine en 2025. Tout récemment, la France a annoncé qu’elle allait cesser le commerce avec les colonies israéliennes illégales situées en Cisjordanie occupée. Interrogé sur la possibilité d’une relation plus apaisée en cas de victoire du bloc d’opposition, Jean-Noël Barrot s’est refusé à toute spéculation. Ce qu’il a tenu à souligner, c’est au contraire la continuité de l’engagement français, quelle que soit la composition du futur gouvernement israélien.
Sur le déroulement même du scrutin, le ministre a appelé au respect du processus démocratique, un principe qui concerne directement le droit des citoyens à choisir leurs dirigeants. Alors qu’aucune majorité gouvernementale ne se dessinait mercredi matin, après le dépouillement de la moitié des suffrages exprimés, Jean-Noël Barrot a observé que le taux de participation record montrait que “le peuple israélien avait quelque chose à dire”. “Il faut attendre la fin du dépouillement”, a-t-il poursuivi. “Il faut laisser les choses se faire. Il faut prendre les gouvernements que les peuples vous donnent. C’est ainsi que nous procédons, c’est ainsi que nous travaillons et c’est ainsi que nous allons le faire.”
Le ministre a par ailleurs relevé un élément susceptible de peser sur les choix politiques à venir : “le score des partis arabes qui atteignent des scores historiques”. “Cela va sans doute peser dans les choix qui seront ceux du futur gouvernement, car il y aura une force nouvelle au Parlement, ou en tout cas une force plus importante”, a-t-il ajouté. Une évolution qui souligne l’importance de la représentation de cette composante de la société israélienne dans l’enceinte parlementaire.
La prudence reste toutefois de mise. Ces résultats partiels sont susceptibles de changer grandement au fur et à mesure que le dépouillement avance. Plusieurs sondages à la sortie des urnes publiés mardi mettaient les camps au coude-à-coude et sans majorité, laissant entrevoir des négociations de coalition complexes.
Pour les lecteurs qui souhaitent approfondir le propos du ministre, l’interview est détaillée sur franceinfo : https://www.franceinfo.fr/monde/israel/la-diplomatie-francaise-continuera-de-pousser-pour-une-solution-a-deux-etats-quel-que-soit-le-resultat-des-elections-legislatives-en-israel-affirme-jean-noel-barrot_8256982.html
Au-delà des incertitudes électorales, le message adressé aux citoyens, en France comme dans la région, tient en une phrase : la recherche d’une paix fondée sur deux Etats vivant côte à côte dans la sécurité et le respect du droit demeure l’objectif affiché de Paris, indépendamment des majorités qui émergeront des urnes. Reste à savoir si les futures coalitions israéliennes permettront à ce cap de se traduire en réalité pour les populations concernées.
Questions-réponses
Quelle position la France maintient-elle malgré l'incertitude des élections israéliennes ?
La diplomatie française continuera de pousser pour une solution à deux États, un État israélien et un État palestinien vivant côte à côte en paix, quel que soit le résultat du scrutin. Jean-Noël Barrot a déclaré que le cap ne variera pas et que la position est inchangée.
Que signifie concrètement cette ligne pour les populations concernées ?
Elle signifie la sécurité pour Israël, mais aussi la perspective de deux États vivant côte à côte, reconnus et respectés dans leur droit, en paix, plaçant sur le même plan la protection des citoyens israéliens et les droits du peuple palestinien.
Qu'a observé le ministre sur le déroulement du scrutin ?
Il a appelé au respect du processus démocratique, relevé un taux de participation record montrant que le peuple israélien avait quelque chose à dire, et demandé d'attendre la fin du dépouillement avant toute spéculation.
Quel élément pourrait peser sur les choix politiques à venir ?
Le score historique des partis arabes, qui constituera une force nouvelle ou plus importante au Parlement et pourrait influencer les choix du futur gouvernement israélien.