Antananarivo plongée 8 heures sans électricité
JIRAMA : une nouvelle panne relance le débat sur les tarifs
Huit heures de coupure, de la nuit de samedi au milieu de la journée de dimanche : voilà ce qu’ont de nouveau subi Antananarivo et sa proche banlieue. Madagascar-Tribune relève une distribution de courant “très irrégulière, voire totalement absente” dans la capitale malgache, avec des conséquences immédiates pour les ménages et les petites activités économiques.
Pourtant, la JIRAMA, la société nationale malgache de l’eau et de l’électricité, s’était engagée à tout mettre en œuvre contre ces coupures et délestages. L’opérateur public avait lancé d’importants travaux sur le réseau d’Antananarivo, censés s’achever le jeudi 22 octobre 2026. La nouvelle panne est attribuée par ses dirigeants “aux disjoncteurs (vata fanapahana) au niveau des sous-stations Tanà Sud et Tanà Ouest”.
L’enjeu économique est considérable. Sans courant, l’activité s’arrête. Les grandes entreprises comme les moyennes disposent parfois de moyens autonomes de production, mais les petites sociétés, les commerces et les artisans demeurent entièrement dépendants de la JIRAMA. Chaque délestage se traduit donc directement par une perte de chiffre d’affaires pour le tissu économique le plus fragile.
Midi-Madagascar décrit ainsi des petits opérateurs placés en chômage technique : “Pour ces petits opérateurs, une coupure prolongée peut se traduire par des heures de travail perdues, une baisse des recettes, voire des pertes de produits périssables.” Le quotidien pointe aussi la question de la fiabilité des infrastructures et de la capacité de la Jirama à garantir un service régulier, alors que plane sur des abonnés insatisfaits le spectre d’une hausse des tarifs.
Cette question tarifaire ajoute une dimension à un dossier déjà sensible. Des abonnés victimes d’interruptions répétées pourraient être confrontés à une augmentation du prix du service, ce qui interroge la viabilité économique de l’opérateur public et sa capacité à financer la fiabilisation de son réseau.
Le contexte politique éclaire l’ampleur du défi. En octobre 2025, le précédent gouvernement et son Président, Andry Rajoelina, devaient quitter le pouvoir, un départ précipité par une foule exaspérée notamment par d’incessantes coupures d’électricité et d’eau. Un an plus tard, malgré les travaux engagés, le problème persiste et la facture des délestages continue de peser sur les ménages comme sur les petites structures productives.
Le détail de cette situation a été rapporté par Outre-mer La 1ère, consultable à cette adresse : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/madagascar-les-coupures-d-electricite-et-les-delestages-continuent-1752048.html
Pour les observateurs économiques, la situation illustre le cercle vicieux de l’opérateur national : des infrastructures dont la fiabilité est mise en cause, des abonnés fragilisés par des pertes de recettes et, en toile de fond, l’hypothèse d’une hausse tarifaire qui alourdirait encore la charge des petits opérateurs. Tant que la régularité du service ne sera pas assurée, la capacité de la JIRAMA à garantir un approvisionnement stable restera en cause, avec des conséquences directes sur l’activité économique de la capitale et de ses environs.
Questions-réponses
Quelle a été la durée de la coupure d'électricité à Antananarivo ?
Huit heures, de la nuit de samedi au milieu de la journée de dimanche, avec un courant très irrégulier, voire totalement absent, dans la capitale et sa proche banlieue.
Quelle cause la JIRAMA attribue-t-elle à cette panne ?
Ses dirigeants l'attribuent aux disjoncteurs (vata fanapahana) au niveau des sous-stations Tanà Sud et Tanà Ouest.
Qui sont les principaux perdants économiques de ces délestages ?
Les petites sociétés, commerces et artisans, entièrement dépendants de la JIRAMA, contrairement aux grandes et moyennes entreprises qui disposent parfois de moyens autonomes de production. Ils subissent des heures de travail perdues, une baisse des recettes et des pertes de produits périssables.
Quelle est la portée politique de ces délestages ?
En octobre 2025, Andry Rajoelina et son gouvernement devaient quitter le pouvoir, un départ précipité par une foule exaspérée notamment par des coupures d'électricité et d'eau incessantes ; un an plus tard, malgré les travaux engagés, le problème persiste.