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Madagascar : la crise des disparitions d'enfants fragilise la crédibilité économique du pa
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Madagascar : la crise des disparitions d'enfants fragilise la crédibilité économique du pa

L'insécurité à Antananarivo compromet la stabilité perçue de Madagascar et ses perspectives d'engagement économique extérieur.

Quatre-vingt-dix disparitions d’enfants et d’adolescents à Antananarivo depuis le 1er janvier 2026 : la crise sécuritaire qui secoue Madagascar menace désormais la crédibilité internationale du pays, un facteur dont les conséquences économiques et diplomatiques ne sont pas négligeables pour un État dont la stabilité conditionne les relations extérieures et les flux d’engagement des partenaires.

C’est précisément cette perception que redoutent les autorités de la République de la Refondation. Le colonel Michaël Randrianirina, président de la République, a publiquement affirmé que la série de crimes perpétrés dans la capitale constitue une tentative délibérée de déstabilisation du pays. Selon lui, ces actes visent à convaincre la communauté internationale que Madagascar est un État totalement instable. Une telle image, si elle venait à s’imposer, pèserait lourd sur la crédibilité du pouvoir en place et sur les relations extérieures du pays, deux leviers essentiels à tout engagement économique durable.

Les chiffres sont sans ambiguïté. Depuis le 1er janvier 2026, les services de police ont enregistré 172 plaintes à travers le pays, dont 64 concernant des disparitions de personnes. Huit victimes ont été retrouvées mortes, dont trois corps découverts en début de semaine à Antananarivo même. Si 81 personnes ont pu être retrouvées saines et sauves, 83 restent encore introuvables à ce jour, certaines familles ayant cessé tout contact avec les enquêteurs après le signalement initial. La capitale concentre à elle seule 119 des dossiers recensés.

Face à cette situation, l’État a engagé des ressources considérables. Quatre cents membres des forces de sécurité, auxquels s’ajoute la garde présidentielle, ont été déployés dans les rues d’Antananarivo. Un centre opérationnel a par ailleurs été ouvert pour coordonner les recherches. Ce dispositif comprend des fouilles généralisées des véhicules, y compris celles de personnalités de haut rang, selon RFI. Cette mobilisation représente une sollicitation significative des moyens étatiques dans une capitale déjà soumise à de fortes tensions institutionnelles.

La réponse sécuritaire, bien que saluée par la génération Z, est jugée tardive par cette même frange de la population. Le Syndicat des enseignants-chercheurs, le Seces, a publié un communiqué appelant le pouvoir à ne pas se contenter de déclarations sur les objectifs supposés des commanditaires présumés. Le syndicat formule une attente précise : que les autorités, et plus particulièrement un pouvoir militaire, s’attaquent aux racines du problème plutôt que d’interpeller, selon ses termes, “les petits poissons”. Cette formulation, reprise par L’Express de Madagascar, traduit une défiance vis-à-vis de la capacité opérationnelle de l’État à traiter les causes structurelles de l’insécurité.

Le dossier a rapidement dépassé le cadre des faits divers pour s’inscrire dans l’agenda politique national et international. En qualifiant les événements de “terrorisme” plutôt que de phénomène politique, le chef de l’État cherche à cadrer la nature de la menace tout en signalant que la réponse relèvera du registre sécuritaire. Un positionnement rhétorique qui n’est pas sans calcul : il oriente le regard des partenaires extérieurs vers une lecture de crise ponctuelle plutôt que vers un diagnostic de défaillance structurelle de gouvernance.

Ce contexte s’inscrit dans un environnement institutionnel déjà sous pression. La Communauté de développement de l’Afrique australe (la SADC) a tenu une visioconférence le 29 juin 2026 avec le président Randrianirina pour un point d’étape de la Refondation. Le communiqué qui en a résulté exhorte le gouvernement malgache à respecter ses engagements, notamment en matière de calendrier électoral et de libération des prisonniers politiques.

Pour les observateurs extérieurs, la conjonction de ces pressions régionales et de l’insécurité grandissante à Antananarivo dessine un tableau d’ensemble qui complexifie la gestion du pays par ses dirigeants actuels. La question qui demeure ouverte est celle-ci : jusqu’où le déploiement sécuritaire en cours suffira-t-il à restaurer une image de stabilité aux yeux des partenaires régionaux et internationaux dont les décisions conditionnent l’avenir économique de Madagascar ?

Questions-réponses

Quelle est l'ampleur chiffrée de la crise des disparitions à Madagascar depuis janvier 2026 ?

Les services de police ont enregistré 172 plaintes à travers le pays, dont 64 concernant des disparitions de personnes. Huit victimes ont été retrouvées mortes, 81 personnes ont été retrouvées saines et sauves, et 83 restent introuvables. La capitale Antananarivo concentre 119 des dossiers recensés.

Quelles ressources l'État malgache a-t-il mobilisées pour répondre à la crise sécuritaire ?

Quatre cents membres des forces de sécurité, auxquels s'ajoute la garde présidentielle, ont été déployés à Antananarivo. Un centre opérationnel a été ouvert pour coordonner les recherches, avec des fouilles généralisées des véhicules, y compris celles de personnalités de haut rang.

Quel rôle joue la SADC dans le contexte institutionnel malgache actuel ?

La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) a tenu une visioconférence le 29 juin 2026 avec le président Randrianirina. Son communiqué exhorte le gouvernement malgache à respecter ses engagements, notamment en matière de calendrier électoral et de libération des prisonniers politiques.

Comment le cadrage politique de la crise par le président Randrianirina influence-t-il la perception des partenaires extérieurs ?

En qualifiant les événements de 'terrorisme' plutôt que de phénomène politique ou de défaillance de gouvernance, le chef de l'État oriente le regard des partenaires extérieurs vers une lecture de crise ponctuelle, cherchant ainsi à préserver la crédibilité du pouvoir en place et les relations extérieures du pays.