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Financement associatif : 52 participants mobilisés pour Canal de Vie à la Diagonale des Fo
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Financement associatif : 52 participants mobilisés pour Canal de Vie à la Diagonale des Fo

Une association sportive mise sur la visibilité médiatique pour attirer donateurs et soutiens institutionnels.

Cinquante-deux participants, une joëlette baptisée “Gwadalette”, quatre jours de course entre le 15 et le 18 octobre : la mobilisation que prépare l’association Canal de Vie pour la Diagonale des Fous, à La Réunion, est d’abord une opération de financement symbolique et de visibilité, pensée pour maintenir à flot une structure associative qui dépend entièrement de sa capacité à attirer des soutiens humains et financiers.

Fondée au lendemain des attentats de 2012, Canal de Vie a construit sur plusieurs années un modèle économique propre aux associations d’endurance : mobiliser des participants valides et en situation de handicap autour d’un défi sportif exigeant, générer de la couverture médiatique, et convertir cette visibilité en ressources pour poursuivre ses engagements. Le capital de départ est moral, celui de l’attentat de Montauban dans le Tarn-et-Garonne, où Loïc Liber, seul militaire survivant des attentats de Merah, a été grièvement blessé. C’est sur ce capital que l’association a construit sa légitimité.

L’investissement matériel le plus visible est la joëlette, engin conçu pour transporter des personnes à mobilité réduite en terrain difficile, repeinte aux couleurs de la Guadeloupe, ornée de colibris et de tortues en hommage aux origines guadeloupéennes de Loïc Liber. Cet équipement sera au coeur du dispositif lors des près de cent quatre-vingts kilomètres et six mille mètres de dénivelé positif que les cinquante-deux membres de l’équipe devront affronter. Parmi eux, trois participants en situation de handicap, Hervé Maurel, Xavier Le Draoullec et Benjamin Azzalbert, figureront eux-mêmes parmi les porteurs, aux côtés de vingt-deux valides.

Ce modèle repose sur un parrainage de notoriété qui constitue un actif non négligeable. Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre accompagne Canal de Vie depuis plusieurs années, apportant une crédibilité qui facilite la mobilisation de soutiens de premier plan. Pour une structure associative dont la viabilité dépend en partie de sa réputation publique, ce type d’appui fonctionne comme un signal de confiance envoyé aux donateurs et aux relais institutionnels.

Éric Bermont, président-fondateur et ancien militaire stationné à Castelsarrasin au moment des faits, a bâti l’association à partir d’un geste initialement ponctuel : participer aux huit jours de Monaco dans les semaines suivant l’attentat, avec l’objectif de parcourir symboliquement les six cent six kilomètres séparant Montauban des Invalides, où Loïc Liber réside aujourd’hui. Ce qui devait rester un acte isolé est devenu une structure permanente, organisant depuis quinze ans les anniversaires et les Noëls de l’ancien soldat, et portant son cas auprès des instances politiques.

Or Bermont reconnaît un essoufflement progressif du soutien collectif. Les visites se font plus rares. Les relais médiatiques se concentrent sur la seule date du 15 mars. “On parle de lui une seule fois par an, le 15 mars, ce n’est pas assez”, insiste-t-il. Cette érosion de l’attention publique a une traduction économique directe : moins de visibilité signifie moins de capacité à mobiliser des financements et à maintenir le niveau de solidarité nécessaire au fonctionnement de l’association.

Pendant ce temps, les coûts humains et médicaux restent lourds. Les séquelles des tirs par balles provoquent des inflammations et des infections pulmonaires graves, nécessitant des hospitalisations répétées à la Pitié-Salpêtrière. La famille de Loïc Liber, établie en Guadeloupe, effectue plusieurs fois par an le déplacement pour lui rendre visite. Ces réalités matérielles alimentent l’argumentaire de Canal de Vie pour justifier la pérennité de son engagement.

La question de la Légion d’honneur, au centre du combat de l’association, a elle aussi une portée concrète sur le modèle de financement. Les trois soldats tués lors des attentats de Merah ont été décorés à titre posthume. Loïc Liber n’a reçu que la médaille militaire. Pour Canal de Vie, l’obtention de cette distinction représenterait un levier de visibilité institutionnelle, susceptible de renouveler l’intérêt des médias et, par ricochet, celui des donateurs. L’édition d’octobre intègre également une dimension mémorielle, avec un hommage rendu à trois militaires réunionnais tombés en Afghanistan, l’adjudant-chef Emmanuel Techer, le caporal Antony Rivière et l’infirmier de classe supérieure Mathieu Toinette, ainsi qu’à Victoire Jasmin, ancienne sénatrice guadeloupéenne qui avait soutenu Loïc Liber dans sa démarche pour obtenir cette distinction.

La Réunion et la Diagonale des Fous constituent donc un nouveau pari de visibilité dans une logique de rendement symbolique : dépenser de l’énergie collective pour regénérer de l’attention publique. “Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin”, résume Bermont. La question qui reste ouverte est de savoir si ce type de mobilisation sportive peut durablement compenser l’essoufflement naturel de l’intérêt médiatique, ou si Canal de Vie devra, à terme, repenser son modèle de financement pour garantir la continuité de son action.

Questions-réponses

Sur quel modèle économique Canal de Vie fonde-t-elle sa viabilité financière ?

L'association mobilise des participants autour de défis sportifs exigeants pour générer de la couverture médiatique, puis convertit cette visibilité en ressources financières et en soutiens institutionnels. Elle dépend entièrement de sa capacité à attirer des soutiens humains et financiers.

Quel rôle joue la Princesse de Hanovre dans le financement et la crédibilité de l'association ?

Son Altesse Royale la Princesse de Hanovre accompagne Canal de Vie depuis plusieurs années. Son parrainage de notoriété fonctionne comme un signal de confiance envoyé aux donateurs et aux relais institutionnels, facilitant la mobilisation de soutiens de premier plan.

Quel est l'impact économique de l'érosion de l'attention médiatique sur Canal de Vie ?

Selon Éric Bermont, les relais médiatiques se concentrent désormais sur la seule date du 15 mars. Cette réduction de visibilité se traduit directement par une moindre capacité à mobiliser des financements et à maintenir le niveau de solidarité nécessaire au fonctionnement de l'association.

En quoi l'obtention de la Légion d'honneur pour Loïc Liber représente-t-elle un enjeu financier pour l'association ?

Pour Canal de Vie, cette distinction constituerait un levier de visibilité institutionnelle susceptible de renouveler l'intérêt des médias et, par ricochet, celui des donateurs, renforçant ainsi la capacité de financement de la structure.