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Réunion : fouilles réclamées à Mafate, neuf ans après la disparition d'un gendarme
Océanie

Réunion : fouilles réclamées à Mafate, neuf ans après la disparition d'un gendarme

Un indice précis relance une procédure judiciaire coûteuse dans un massif isolé de La Réunion.

Un trou de deux mètres sur un mètre, localisé avec précision dans le cirque de Mafate : c’est le renseignement qui justifie aujourd’hui une demande formelle de fouilles, et avec elle, l’engagement d’un budget opérationnel significatif sur l’un des terrains les plus difficiles d’accès de l’île de La Réunion.

L’affaire mobilise des ressources judiciaires et institutionnelles depuis plus de neuf ans. Mathieu Caizergues, gendarme de 25 ans, avait disparu lors d’une randonnée dans ce massif isolé. Son corps n’a jamais été retrouvé. Pour la famille, ces neuf années représentent un investissement juridique continu dans une procédure sans issue apparente, adossé à un coût émotionnel que l’enlisement du dossier n’a fait qu’alourdir.

Ce qui relance aujourd’hui le dossier, c’est la décision de deux officiers supérieurs de la gendarmerie de se manifester auprès des autorités judiciaires. Me Félix Allary, avocat de la famille Caizergues, a indiqué au Figaro que ces deux militaires ont transmis à la justice un renseignement précis : un trou creusé de deux mètres sur un mètre, situé à proximité directe de l’endroit où Mathieu a été vu pour la dernière fois. Selon l’avocat, ces officiers, dont l’un est toujours en activité, ont estimé nécessaire que ce renseignement soit vérifié. La démarche constitue une demande formelle de fouilles adressée à la justice, impliquant nécessairement l’engagement de moyens humains et matériels conséquents.

La genèse de ce renseignement est, en elle-même, révélatrice du coût institutionnel de l’affaire. Dès 2018, soit peu après la disparition, un gendarme avait constaté l’existence de ce trou. Ce n’est que progressivement, par recoupements successifs, qu’il a établi un lien possible avec la disparition de son collègue. Il s’est ensuite ouvert de ses conclusions à un autre militaire. Six ans se sont écoulés avant que les deux gendarmes franchissent le pas et saisissent officiellement les autorités judiciaires, en 2024.

Ce délai est au coeur de l’argumentaire de la défense. Pour Me Allary, l’écart entre la détection d’un indice et sa transmission formelle illustre la lenteur de circulation de l’information au sein de l’institution, et renforce l’urgence d’une intervention concrète. Transformer ce renseignement en acte d’enquête suppose pourtant de surmonter des contraintes opérationnelles importantes : le cirque de Mafate est l’une des zones les plus reculées et les plus escarpées de l’île, rendant toute intervention coûteuse en logistique et en personnel.

La décision d’ordonner ou non les fouilles reviendra aux autorités judiciaires compétentes. Elles devront arbitrer entre la crédibilité du renseignement transmis par les deux officiers et les contraintes d’un déploiement dans un environnement aussi complexe. Pour la famille, neuf ans de procédure ont déjà pesé lourd. La question qui se pose désormais est de savoir si la justice considère que le coût d’une opération de fouilles dans ce massif, élevé par nature, est proportionnel à la valeur probante d’un indice vieux de plusieurs années.

Questions-réponses

Quel est l'élément déclencheur de la nouvelle demande de fouilles dans le cirque de Mafate ?

Deux officiers supérieurs de la gendarmerie ont transmis à la justice un renseignement précis : l'existence d'un trou de deux mètres sur un mètre, situé à proximité directe de l'endroit où Mathieu Caizergues a été vu pour la dernière fois.

Pourquoi le coût d'une opération de fouilles dans ce secteur est-il particulièrement élevé ?

Le cirque de Mafate est l'une des zones les plus reculées et les plus escarpées de l'île de La Réunion, rendant toute intervention coûteuse en logistique et en personnel.

Quel délai s'est écoulé entre la détection de l'indice et sa transmission formelle aux autorités judiciaires ?

Six ans se sont écoulés entre 2018, date à laquelle un gendarme a constaté l'existence du trou, et 2024, année où les deux officiers ont saisi officiellement les autorités judiciaires.

Qui est chargé de décider si les fouilles seront ordonnées, et sur quelle base ?

La décision reviendra aux autorités judiciaires compétentes, qui devront arbitrer entre la crédibilité du renseignement transmis par les deux officiers et les contraintes d'un déploiement dans un environnement aussi complexe.