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À La Réunion, l'équipe qui prépare les chimiothérapies
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À La Réunion, l'équipe qui prépare les chimiothérapies

Au CHU de La Réunion, quinze agents soignants verdisent la préparation

Dans le laboratoire de l’unité de pharmacotechnie du CHU de La Réunion, une centrale de traitement d’air tourne sans relâche pour renouveler et climatiser l’air de la zone de préparation. C’est ici que quatre pharmaciens, neuf préparateurs et deux agents logistiques préparent, jour après jour, les chimiothérapies des patients. Et c’est ici aussi que l’équipe a décidé de changer ses habitudes en obtenant la certification ISO 14 001, une norme destinée à limiter les impacts environnementaux d’une activité.

Pour le Dr Florent Drapeau, responsable de l’unité, rien ne part de zéro. « Notre unité de pharmacotechnie est déjà certifiée, depuis dix ans, ISO 9001, une certification qui porte sur le management de la qualité. Elle nous donne un cadre pour structurer et organiser nos activités », explique-t-il. Dix ans d’efficacité et de fluidité des procédures permettent à l’équipe d’analyser les risques et d’anticiper. Quand des pistes d’amélioration environnementale ont été repérées dans les protocoles, l’envie d’agir s’est imposée, d’autant que l’expérience acquise facilitait le chemin.

L’engagement répond aussi à une réalité mesurée. « De nombreuses données démontrent qu’aujourd’hui l’achat, l’approvisionnement et le circuit du médicament représentent les principaux pourvoyeurs de gaz à effet de serre au sein des structures hospitalières », rappelle le Dr Drapeau. Le référentiel de la Haute Autorité de santé (HAS) pour la certification des établissements de santé mentionne clairement des critères d’évaluation environnementaux. Et une attente forte rejoint cette démarche : « Cette certification permet aussi de répondre aux attentes des patients et des acteurs de la santé, qui plaident pour que les pharmaciens intègrent ces considérations dans le parcours de soins », ajoute-t-il.

Sur le terrain, l’implication a été collective. Toute l’équipe a réalisé l’analyse environnementale de chacune de ses activités. Chaque point a été listé et coté, sa gravité et son impact potentiel sur les consommations d’énergie évalués, avant de déterminer des plans d’action et d’élaborer des indicateurs de suivi. La certification ISO 9001 facilite le travail, puisque toutes les procédures sont déjà recensées : « Nous avons donc “simplement” à injecter dans notre système existant ce nouveau critère environnemental », précise le Dr Drapeau. Les réunions servent aussi à identifier les parties prenantes à mobiliser, et l’équipe travaille en lien avec la direction du développement durable.

C’est d’ailleurs à la demande de la pharmacie à usage interne (PUI) que cette direction est intervenue. « Nous sommes intervenus à la demande de la PUI pour apporter à l’équipe notre expertise », indique Marie-Lou Deléglise, chargée de transition énergétique et écologique à la direction du développement durable. Dans les établissements hospitaliers d’Outre-Mer, la consommation d’énergie constitue le premier poste d’émission de gaz à effet de serre, car le mix énergétique y est davantage carboné. La PUI a souhaité agir sur ce point précis.

Une piste concrète concerne la centrale de traitement d’air, qui tourne en permanence. L’équipe a voulu savoir s’il serait possible, le soir et le week-end, lorsqu’aucune préparation n’est en cours, de gagner un peu de souplesse dans son fonctionnement. Une démarche possible, mais pas encore réalisée. « Nous accompagnons cette demande et en attendant, des équipements vont être installés afin de mesurer la consommation d’énergie avant le changement de procédure et ainsi mesurer l’évolution », informe Marie-Lou Deléglise.

La direction du développement durable a aussi accompagné la PUI dans la gestion des déchets, « car nous sommes la seule direction à détenir un visuel transversal sur toutes les filières », souligne-t-elle. L’équipe a travaillé à leur optimisation pour éviter les erreurs de tri, faciliter les opérations d’entretien et réduire la consommation de sacs poubelle. Concernant les dispositifs médicaux et les médicaments, l’unité s’attache notamment à réduire le nombre de poches utilisées pour la préparation des chimiothérapies, afin de limiter les déchets.

D’autres leviers portent sur l’approvisionnement, effectué par bateau ou par avion. « Nous avons également défini des plans d’action sur lesquels nous avons une maîtrise totale de leur mise en œuvre. C’est le cas pour l’approvisionnement de nos médicaments. Nous travaillons donc à l’optimisation des livraisons par le regroupement des commandes afin de réduire les transports », détaille le Dr Drapeau. Une référence détaillée sur cette certification est accessible à l’adresse https://achat-logistique.info/durable/lunite-de-pharmacotechnie-du-chu-de-la-reunion-certifiee-iso-14-001/.

Le responsable de l’unité en tire un bilan nuancé mais positif : « Cette démarche est relativement exigeante mais elle permet de fédérer les membres de l’équipe, fiers d’y participer. » Reste à voir ce que donneront, dans les mois qui viennent, les mesures de consommation qui précéderont le nouveau fonctionnement de la centrale d’air.

Questions-réponses

Quelle certification l'unité de pharmacotechnie du CHU de La Réunion a-t-elle obtenue ?

La certification ISO 14 001, une norme destinée à limiter les impacts environnementaux d'une activité, obtenue alors que l'unité était déjà certifiée ISO 9001 depuis dix ans.

Qui compose l'équipe qui prépare les chimiothérapies ?

Quatre pharmaciens, neuf préparateurs et deux agents logistiques, soit quinze personnes travaillant dans la zone de préparation climatisée par une centrale de traitement d'air.

Pourquoi la consommation d'énergie est-elle un enjeu particulier en Outre-Mer ?

Dans les établissements hospitaliers d'Outre-Mer, la consommation d'énergie constitue le premier poste d'émission de gaz à effet de serre, car le mix énergétique y est davantage carboné.

Quels leviers concrets l'équipe a-t-elle identifiés ?

Une plus grande souplesse du fonctionnement de la centrale de traitement d'air le soir et le week-end, l'optimisation du tri des déchets, la réduction du nombre de poches utilisées et le regroupement des commandes de médicaments pour limiter les transports.