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Réquisition à La Réunion pour relancer l'eau potable
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Réquisition à La Réunion pour relancer l'eau potable

Conflit social et dégradations perturbent le réseau d'eau dans l'Est et le Sud de l'île

La réquisition est lancée. Ce dimanche 10 octobre, le préfet Philippe Latron a annoncé la réquisition du “personnel strictement nécessaire au rétablissement de la distribution en eau potable” à La Réunion, où l’Est et le Sud de l’île subissent des perturbations sérieuses. La décision vise directement l’exploitation : le conflit social interne à la CISE Réunion et Sudéau réduit les effectifs disponibles, et des dégradations constatées sur les installations compliquent encore la marche du réseau.

Le mouvement, initié sous forme de sit-in le 7 octobre puis poursuivi en manifestation devant le siège de l’entreprise, a pris une tout autre tournure opérationnelle. Dans un communiqué publié ce dimanche 11 octobre, la CISE Réunion fait état d’une réduction des effectifs qui perturbe le fonctionnement de certaines installations ainsi que la continuité du service public de l’eau dans plusieurs secteurs. L’exploitant affirme que des équipes restées mobilisées poursuivent les interventions pour limiter l’impact sur les usagers, et indique avoir sollicité l’État afin de maintenir les opérations essentielles à la distribution d’eau potable.

La situation est aggravée par des “actes de malveillance” survenus ces derniers jours, selon l’entreprise. Celle-ci détaille les conséquences sur le terrain : “À Sainte-Rose, un équipement de régulation a été dégradé, entraînant une baisse du niveau du réservoir. À Saint-Benoît, des vannes ont été fermées, notamment sur le secteur d’Abondance et au chemin Sévère. Les équipes sont intervenues afin de rétablir le fonctionnement des installations et de limiter les conséquences pour les usagers. Les auteurs de ces faits ne sont pas identifiés à ce stade ; des investigations sont en cours.” La CISE Réunion appelle par ailleurs à préserver les installations afin d‘“assurer la continuité du service public de l’eau”.

Du côté des services de l’État, la préfecture a confirmé ce dimanche, par voie de communiqué, la réquisition du personnel “strictement nécessaire”, notamment pour “la surveillance du réseau, la recherche des dysfonctionnements et le contrôle de la qualité de l’eau”. Ce dernier point fait l’objet d’une attention toute particulière : le préfet et la CISE Réunion ont d’ores et déjà annoncé une vigilance sanitaire renforcée.

Le suivi sanitaire s’organise concrètement. Une cellule de suivi réunissant des cadres de la préfecture et de l’Agence Régionale de Santé (ARS) est activée depuis vendredi 8 octobre et le restera jusqu’à la levée des difficultés, précisent les services de l’État. La préfecture précise que “la levée des restrictions sanitaires ne pourra toutefois intervenir qu’après obtention de résultats d’analyses microbiologiques conformes” par l’ARS. L’exploitant indique pour sa part : “Si un risque sanitaire est identifié, les usagers concernés seront informés des consignes définies par les autorités sanitaires.”

Sur le terrain, plusieurs communes de l’île sont impactées ce dimanche par des coupures d’eau. Les exploitants Sudéau et CISE Réunion ont demandé à leurs abonnés du Tampon et de Saint-Benoît de ne plus boire l’eau du robinet, à la suite de dysfonctionnements distincts sur les réseaux. Du côté de la Plaine des Cafres, des perturbations sont à prévoir dès ce lundi 12 octobre. À Saint-Denis, les grévistes de la CISE Réunion s’étaient rendus devant le siège de leur entreprise ce vendredi 9 octobre, piquet de grève, banderoles et mégaphones à l’appui, pour une rencontre avec leur direction ; un nouveau rendez-vous est prévu lundi 12 octobre. Les salariés dénoncent l’externalisation de la gestion de l’eau potable.

Le dossier reste ouvert sur tous les plans. Le conflit social se poursuit avec un nouveau rendez-vous entre les grévistes et la direction prévu lundi 12 octobre, les équipes de l’exploitant poursuivent le rétablissement des installations dégradées, et la levée des restrictions sanitaires demeure conditionnée aux résultats des analyses microbiologiques de l’ARS. Pour les habitants de l’Est et du Sud de l’île, la question centrale reste la même : quand l’eau reviendra-t-elle au robinet, et dans quelles conditions de qualité ?

Questions-réponses

Pourquoi le préfet a-t-il décidé d'une réquisition ?

Le conflit social interne à la CISE Réunion et Sudéau réduit les effectifs disponibles, et des dégradations sur les installations compliquent la marche du réseau. Le préfet a donc réquisitionné le personnel strictement nécessaire au rétablissement de la distribution en eau potable, notamment pour la surveillance du réseau, la recherche des dysfonctionnements et le contrôle de la qualité de l'eau.

Quelles dégradations ont été constatées sur les installations ?

À Sainte-Rose, un équipement de régulation a été dégradé, entraînant une baisse du niveau du réservoir. À Saint-Benoît, des vannes ont été fermées, notamment sur le secteur d'Abondance et au chemin Sévère. Les équipes sont intervenues pour rétablir le fonctionnement des installations ; les auteurs de ces actes de malveillance ne sont pas identifiés et des investigations sont en cours.

Comment le suivi sanitaire est-il organisé ?

Une cellule de suivi réunissant des cadres de la préfecture et de l'Agence Régionale de Santé (ARS) est activée depuis vendredi 8 octobre et le restera jusqu'à la levée des difficultés. La levée des restrictions sanitaires ne pourra intervenir qu'après obtention de résultats d'analyses microbiologiques conformes par l'ARS.

Quelles communes sont impactées et que demandent les exploitants ?

Plusieurs communes de l'île subissent des coupures d'eau. Sudéau et CISE Réunion ont demandé à leurs abonnés du Tampon et de Saint-Benoît de ne plus boire l'eau du robinet à la suite de dysfonctionnements distincts sur les réseaux. Des perturbations sont aussi à prévoir dès lundi 12 octobre du côté de la Plaine des Cafres.

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